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La guerre pour mémoire

intro guerre

Ecrire sur la guerre. Deux récits en résonance, une oeuvre de fiction, l’autre pas: le polar d’Hervé Le Corre, Après la guerre (Rivages) et le récit de Jean-Marc Parisis, Les inoubliables (Flammarion). Deux livres qui interrogent dans leurs formes différentes. Pour ne surtout pas oublier.

guerre2“Ecrire la violence, la question éthique se pose…“, explique Hervé Le Corre. “A quelle complaisance on s’arrête. Les meurtriers, leurs victimes, ne peuvent pas être considérés comme des marionnettes, ce sont toujours des destins humains.” L’auteur veut se garder de “tomber dan une fantasmagorie sanglante”. Son roman plante le décor à Bordeaux dans les années cinquante. Une ville qui porte encore les stigmates de la Seconde Guerre mondiale et où rôde l’inquiétante silhouette du commissaire Darlac, un flic pourri qui a fait son beurre pendant l’Occupation et n’a pas hésité à collaborer avec les nazis. Une onde de choc mortelle va déferler dans toute la ville. Pendant ce temps, d’autres crimes sont commis en Algérie…  Un roman noir avec des personnages qui se refont une virginité, réécrivent l’histoire. L’auteur y égratigne “cette capacité d’oubli qui m’a toujours écoeuré”.

“Le roman qui vient broder sur une réalité est là pour poser des questions, non pour assener des vérités historiques. On a pas forcément les réponses”, déclare Hervé Le Corre pour qui “le roman doit être fait de points de suspension”. Bien sur, il y a la question de la véracité des dates – “ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une oeuvre romanesque qu’on peut dire n’importe quoi” -, mais aussi de la légitimité : “Ne suis pas un détrousseur de cadavres?”

guerre1Une question que n’aura pas eu besoin de se poser Jean-Marc Parisis. “Quand on veut savoir, on n’imagine pas, on enquête”, tranche l’auteur qui revient sur un événement tragique longtemps occulté dans le petit village de Dordogne qu’il habite. “C’est une histoire qui culmine dramatiquement par la rafle de 25 femmes et enfants juifs.” L’auteur qui en a été extrêmement ému, s’est évidemment heurté à des silences: “Je n’ai pas voulu les combler par une matière romanesque et renoncer à la vérité. Il y a quelque chose d’indicible dans l’effroi et je ne voulais pas être indécent… La réalité dépasse parfois la fiction.”

Les personnages de l’un ne sont pas sans point commun avec les personnes de l’autre. “Dans le réel, ce qui pèse, ce sont les regards que l’ont voit sur les photos. Ils rappellent cette réalité intangible”, restitue Jean-Marc Parisis. “Dans mon livre, j’évoque des fantômes, je n’avais pas d’images en tête, c’était des ombres que j’ai essayé d’incarner”, lui répond Hervé Le Corre. Deux registres différents qui interrogent pourtant sur des périodes d’ombres de l’histoire et qui a leur façon remue le couteau dans des plaies qui n’ont jamais été refermées”.

 

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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