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La danse, un pont par-dessus la Méditerranée

Répétitions au Conservatoire.

Dans les couloirs du Conservatoire, un battement entêtant résonne et scande le temps et l’espace. C’est dans la salle Maurice Béjart que ça se passe. Onze danseurs algériens, arrivés à Brive le 1er mars, ont investi l’espace et répètent sous le regard aiguisé et intransigeant d’Hervé Koubi, danseur et chorégraphe. Leur travail s’inscrit dans le cadre d’un projet de collaboration franco-algérienne. Rencontre. 

Danseurs en mouvement;Intransigeant, Hervé Koubi sait aussi se montrer réconfortant et remonter le moral de ses troupes: “Allez les gars, encore une fois. Courage. On lâche rien”. Inlassablement, les danseurs reprennent les mêmes pas, reproduisent les mêmes phrases.

Ce “travail étape” s’inscrit dans un projet qui doit aboutir à l’horizon 2012. El Din (titre provisoire de cette création) s’inscrit dans une visée de transmission et d’échanges culturels qui tient tout particulièrement au cœur d’Hervé Koubi de par ses origines algériennes. D’un côté à l’autre de la Méditerranée, les danseurs vont répéter, diffuser leur travail et essaimer leur passion. 

Performance En attendant, cette semaine au Conservatoire, ça ne rigole pas. “Ici, on apprend plein de choses dont la rigeur des échauffements et du travail en général. Chez nous, on s’échauffait un peu chacun de son côté. Ici, avec Hervé Koubi, la technique est plus rigoureuse“, confirme un des jeunes danseurs d’origine algérienne. Par ce projet, Hervé Koubi a souhaité accompagner ces danseurs, qu’il a sélectionné fin 2009 au cours d’une audition qui a rassemblé plus de 200 danseurs au centre culturel d’Alger, dans le perfectionnement de leur formation d’artiste.

La plupart d’entre eux possèdent une solide formation de hip hop. Sur le plancher, les corps taillés et aiguisés de ces jeunes hommes glissent. Ils alternent avec bonheur la souplesse, la force, la tension et la douceur. Leur corps leur appartient, ils le plient au moindre de leur désir, malgré (ou plutôt grâce à) leur musculature qui ne rigidifie pas le mouvement mais lui ajoute un dynamisme incroyable.

Encore et encore, les danseurs reprennent. Et soudain, on y est! Devant le vaste miroir de la salle de danse, le mouvement prend vie. Sur les battements obsédants de la musique, les phrases prennent corps, elles acquièrent une matière, un sens. Un “je ne sais quoi” s’élance alors, mystérieux, et gonfle, prend vie. Les danseurs ont su capter quelque chose avec leurs corps passionnés. Au-delà des mots, au plus près de l’émotion. “J’exprime ma joie, mon amour aussi à travers la danse”, confirme Issa, un jeune Burkinabé de 21 ans. 

Les danseurs retournent en Algérie le 12 mars. Ils vont poursuivre leur travail et reviendront en France durant le mois de mai pour des rencontres et des animations avec les jeunes de différentes écoles de la ville, des centre de loisirs mais aussi des enfants de l’IME et des personnes âgées.

Quant au chantier de création El Din,  il rejoindra la programmation des Treize Arches et fera la première partie d’une soirée 100% hip hop qui se poursuivra avec “Les S’Tazunis”, le mardi 11 mai à 20h30 aux Trois Provinces.

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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