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“Jetons moins et valorisons davantage”

Le SYTTOM 19 (Syndicat de transport et de traitement des ordures ménagères de la Corrèze) a présenté en fin de matinée son bilan 2022 et sa feuille de route. Il a beaucoup été question de réduction des déchets, de taxe incitative et de la construction d’une nouvelle unité de valorisation énergétique à Saint-Pantaléon de Larche qui devrait prendre le relai de l’actuelle dans le courant 2026.

“Jetons moins et valorisons davantage”, a résumé d’emblée Frédéric Soulier, maire de Brive et président du SYTTOM 19. “Une vertueuse pensée qui repose sur la nécessité d’éduquer“, a-t-il ajouté en rappelant que cette démarche était engagée depuis avril 2020 avec l’adoption d’un schéma directeur en 2021. La tache est d’ampleur pour l’établissement public chargé d’organiser le transport et le traitement des ordures ménagères sur le département de la Corrèze, d’en optimiser aussi le traitement. Ce qui représente quelque 357 communes et 290.000 habitants. Avec des territoires disparates quant à leurs modes de collectes et de tris et donc certains valorisant plus que d’autres. Il ne s’agit pas de pointer les communes à la traine car au-delà des disparités géographiques et partisanes, la démarche se veut commune et solidaire afin de créer un effet entrainement.

“Il faut passer de l’état de “se comparer” à celui de “s’entrainer” car nous sommes dans le même mouvement L’expérience des uns doit servir aux autres. tout le monde va faire des efforts”, explique Jean-François Labbat, maire de Corrèze. “Ce n’est pas un territoire qui gagnera sans un autre. Nous nous inscrivons dans un défi collectif. Ce qui est certain, c’est que nous sommes dans l’irréversibilité”, appuie Frédéric Soulier.

L’ambition est chiffrée en ce qui concerne les OMR, ces Ordures ménagères résiduelles c’est à dire celles restant dans la poubelle classique après le tri. “Nous sommes dans la bonne direction et nous allons poursuivre leur baisse. Elles sont aujourd’hui de 216kg par an et par habitant alors que l’objectif est d’atteindre 170kg par an et par habitant en 2026.” La tache sera rude puisque la collectivité la moins performante affiche 313kg là ou la plus efficiente en produit 183.

Cela va évidemment passer par l’extension des consignes de tri ainsi que celle de la tarification incitative qui est déjà en place à Brive. “C’est la notion du pollueur payeur. Chacun de nous doit capter cette nécessité.” Depuis le 1er janvier 2023, le geste de tri  a d’ailleurs été simplifié, marquant une étape importante dans cette politique environnementale: “Tous les emballages se trient et peuvent désormais être déposés dans le bac de tri jaune“, rappelle le directeur Pierre Pittman.

Le tri des biodéchets gagne aussi du terrain, d’autant que cette obligation est prévue pour 2024. Il s’agit des déchets de cuisine, aujourd’hui collectés dans la plupart des territoires avec les ordures ménagères, et des déchets biodégradables de jardin. On estime que chaque habitant en produit 30 à 40kg par an. Leur tri permet ainsi, outre de se rendre compte du gaspillage alimentaire, de limiter le recours à l’incinération en les utilisant pour fabriquer du compost qui nourrit le sol en remplacement des engrais chimiques. Différentes organisations sont mises en place: compostage individuel au fond du jardin, partagé, collecte en porte à porte ou en apport volontaire. “Aujourd’hui, plus de 431 tonnes de biodéchets sont collectés. L’objectif est d’atteindre les 40 kilos par habitant soit 10.000 tonnes à collecter.”

Pour le traitement des déchets résiduels, le département peut heureusement s’appuyer sur deux unités de valorisation énergétique et c’est un atout, là où d’autres départements limitrophes n’en disposent d’aucune. Il s’agit de l’UVE d’Égletons et de l’UVE de Saint-Pantaléon de Larche. Le devenir de cette dernière va bientôt être tracé avec la construction d’une nouvelle usine sur une parcelle attenante (entre la chaudière biomasse et la station d’épuration, suivie de la déconstruction de l’unité actuelle.

L’objectif durable est triple, reposant sur les 3 “S”: sécurité en modernisant une installation qui a 50 ans, santé en respectant les normes en constante évolution et sobriété en optimisant la valorisation énergétique. Le nouvel équipement disposera d’un seul-four chaudière en lieu et place des trois petits actuels “mais avec un pouvoir calorifique supérieur permettant de produire des déchets à plus forte chaleur”. Bien sûr, il sera raccordé sur les équipements environnants de vente de vapeur et de chaleur. L’attribution du marché de la DSP suit son cours. “La remise des offres se fait le 22 mars, les quatre majors se sont positionnés”, précise Frédéric Soulier. La livraison de la nouvelle usine de valorisation énergétique est prévue courant 2026.

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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