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Jeannine Chastang véritable mémoire de rue

Jeannine Chastang, 73 ans, tient Violaine, magasin de prêt-à-porter féminin, anciennement Tabliers Lulu, rue de la République. La commerçante est une figure du quartier. Rencontre.

Arrivée dans la rue de la République très exactement le 20 décembre 1975, Jeannine a travaillé dans plusieurs commerces du quartier avant de doucement se rapprocher du haut de la rue et de reprendre le commerce de prêt-à-porter femme (avec un rayon homme) où elle exerce toujours. « Vous n’étiez pas né… » sourit la commerçante habillée de noir, assise derrière son comptoir, entourée de plusieurs orchidées, qu’elle entretient délicatement, et d’un bouquet de fleurs qu’on lui a offert pour son anniversaire.

« J’ai repris la boutique le 1er décembre 1994. Un peu par hasard. La patronne de l’époque est venue m’acheter des collants là où je travaillais et, un peu sur le ton de la blague, elle m’a demandé si je ne voulais pas acheter sa boutique qui était en vente. Le lendemain, je lui ai dit oui ! » se souvient Jeannine, comme si cela était hier.

En 2014, l’aventure a cependant failli cesser. « Nous avions mis en vente le magasin avec mon mari, mais il a eu des soucis de santé et il est décédé en avril 2015. Mes enfants m’ont conseillé de continuer. Cela a été ma thérapie, mon antidépresseur, cela m’a permis de relever la tête », raconte pudiquement Jeannine. « Et tant que je pourrai, je continuerai », s’amuse la commerçante, les yeux remplis de malice. « Vous reviendrez pour les 30 ans de la boutique ! »

La porte du magasin s’ouvre, une cliente franchit le pas-de-porte, Jeannine se lève, l’accueille avec le sourire en citant son nom, prend le temps de la conseiller et de discuter. La dame repart ravie, une poche sous le bras.

Jeannine reprend la discussion. Elle est intarissable sur la rue de la République. Elle est contente que des jeunes s’installent dans le quartier et amènent une nouvelle fréquentation. « Et si je n’étais pas optimiste pour la rue, je serais partie », lance la commerçante. « Il me tarde maintenant que la vie reprenne son cours normal. »

Pour fêter les 30 ans de l’ouverture de la boutique, Jeannine, nous reviendrons.

Julien Allain, Photos : Diarmid COURREGES

Julien Allain, Photos : Diarmid COURREGES

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