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Il y a 150 ans, le rail atteignant Brive (3): le boom des cheminots

Le livret Centenaire de l'inauguration du chemin de fer à BriveEn 1860, à son arrivée, le chemin de fer employait 8 agents. Un siècle plus tard, Brive est devenu un important nœud ferroviaire qui occupe environ 1500 cheminots. Bien plus sont venus se retirer au “Riant portail du midi”. Les familles de cheminots représentent alors quelque 8.000 Brivistes. Une sorte de “cheminot boom”. Le rail et la ville poursuivent de concert leur développement. Un dépôt, des ateliers de la voie, un centre d’apprentissage, des logements, une deuxième gare de marchandises… On pense relier le rail aux futurs abattoirs et on parle même, et pourquoi pas?, d’un “marché gare”

Brivemag.fr poursuit sa série d’articles puisés dans l’ouvrage commémorant en 1960 le centenaire de l’inauguration du chemin de fer. Episode 3.

Lorsqu’il y a 150 ans, la ligne Bordeaux-Périgueux est prolongée jusqu’à Brive, la petite gare emploie tout juste 8 agents, deux sont logés sur place et “les propriétaires brivistes se disputent” les 6 autres. C’est le coup d’envoi d’une belle expansion. Car un siècle plus tard, en 1960, la Société des chemins de fer français occupe environ 1.500 cheminots. Il faut dire qu’entre temps, le rail a tiré ses lignes en étoile pour rallier Brive à Paris, Toulouse, Barcelone, Capdenac, St-Denis-près-Martel, Tulle, Aurillac, St-Yrieix, Limoges. Une toile qui accompagne la circulation en progression constante des voyageurs et des marchandises.

La cité gaillarde s’est aussi dotée d’un dépôt qui intègre un important atelier de réparation et de révision de machines électriques auquel est annexé un centre d’apprentissage. Ces “ateliers de la voie” concourt notamment à la réparation de la signalisation mécanique du réseau national et à l’entretien d’engins du service de la voie”, précise le livret commémoratif.

L'arrivée du train à vapeur pour fêter les 150 ans du chemin de fer à BriveA cette explosion démographique des travailleurs du rail, s’ajoute quelque 2.000 cheminots retraités. Une population qu’il faut abriter et divertir et qui participe activement à la vie associative de la cité. La SNCF a construit 150 logements où habitent environ 600 personnes. Au moment de la guerre, surgit également un stade avec un terrain d’honneur rugby et foot, une belle piste cendrée d’athlétisme, des cours de tennis, terrains de basket, de volley-ball, une piscine… Le complexe est d’ailleurs baptisé Gaëtan-Devaud du nom de l’ingénieur de la maison à l’origine de la construction de ce temple du sport pour éviter à nombre de jeunes apprentis cheminots de partir et rejoindre les rangs du STO.

Brive doit beaucoup à l’arrivée du rail. Son expansion économique est incontestable. Y transitent toutes les denrées de la région, cheptel, primeurs, fruits… “A noter pour les gourmets, ses succulents champignons et ses odorantes truffes”, croit bon d’ajouter le livret. Rien n’échappe au rail, pas même la zone industrielle en cours d’implantation et qui doit accueillir des abattoirs modernes. On parle même d’un marché-gare! La gare des marchandises devient trop petite? Elle est doublée par celle d’Estavel, construite près du dépôt. Le centre de transbordement des colis dessert ainsi une dizaine de départements.

L'arrivée du train à vapeur pour fêter les 150 ans du chemin de fer à BrivePour illustrer ce trafic, voici quelques chiffres révélateurs: en la seule année 1959, la gare de triage d’Estavel a expédié près de 200.000 wagons. A la veille du centenaire, dans le nuit du 31 juillet au 1er août 1960, 23 trains de voyageurs de grand parcours sont passés à Brive entre minuit et 4h du matin. “Ils n’ont pas empêché les Brivistes de dormir, mais leur densité prouve l’importance de la situation géographique de la cité.” Un avant-goût des enjeux pour les futures infrastructures autoroutières!

Pour octobre prochain, annonce le séculaire livret, un train “drapeau” (train à grande vitesse servant de porte-drapeau à la compagnie ferroviaire, NDLR) reliera Brive à la Capitale à… 108km/h de moyenne, un exploit pour l’époque! “Ce qui compte tenu des difficultés du profil de nos régions accidentées, représente un bel effort, puisque la vitesse moyenne des trains les plus rapides entre Brive et Paris était jusqu’à présent de 94km/h.” La course contre le temps n’en est qu’à ses balbutiements puisque aujourd’hui le train le plus rapide, et il est chinois, circule a la vitesse moyenne de 350km/h pour des pointes à 394km/h.

“Le passé répond à l’avenir”, conclut le livret. Et l’on peut ajouter: l’avenir éclaire d’un autre regard le passé.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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