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Il y a 150 ans, le rail atteignait Brive (4) : quand ça déraille…

centenaire de l'arrivée du chemin de fer à BriveTout n’a pas roulé comme sur des rails. Loin s’en faut! La construction du chemin de fer reliant Brive à Périgueux a donné du fil à retordre aux ingénieurs en charge de réaliser le tracé de cette ligne mais aussi aux habitants de Brive, aux ouvriers et à la Ville… Lenteur des travaux, expropriations, pétitions, mésentente sur le positionnement de la gare… S’il y a eu quelques anicroches dans le parcours, aucune n’a été suffisamment forte pour faire dérailler un projet initial sur lequel au fond tout le monde s’accordait : désenclaver la Ville, l’ouvrir au sud-ouest et à l’avenir prometteur qui lui tendait les bras et qui ne tenait qu’à un fil, un fil de fer.

Brivemag.fr poursuit sa série d’articles puisés dans l’ouvrage commémorant en 1960 le centenaire de l’inauguration du chemin de fer. Episode 4.

“Le chemin de fer de Périgueux au Lot traverse le département de la Corrèze dans l’arrondissement de Brive sur une longueur de 34 km”, note un ingénieur des Ponts et Chaussées le 15 juillet 1858. “Il entre sur le territoire de la Corrèze par la commune de Cublac en direction de St-Pantaléon où il franchit la rivière sur un viaduc de 22m de hauteur. Il coupe par une profonde tranchée une ramification du Puy de Grammont, traverse le ruisseau de Planche-Torte et gagne ensuite le coteau de Champanatier sur lequel on doit établir la gare de Brives.” Brive est bien signalé avec un “s”!

Désaccord sur l'emplacement de la gareJusque-là tout va bien. Sauf que la Ville et la Compagnie ne sont pas d’accord sur l’emplacement de la gare de Brive. Tandis que cette première souhaiterait que la gare soit implantée “au midi de la ville et le plus rapproché possible de ses murs”, une circulaire de la compagnie du grand central précise qu’elle devrait l’être au sud, sur le coteau de Champanatier. L’avenir va démontrer que c’est la compagnie qui aura le dernier mot. Pour justifier son choix, la Compagnie invoque “un positionnement qui satisfait mieux aux convenances précieuses du commerce et qui facilite les rapports de l’importation et de l’exportation”. Notre Bible ferroviaire précise aussi que les bâtiments de la première gare de Brive ont été transplantés aux alentours de 1960 à Rocamadour.

Les travaux des voies de fer sur la ligne de St-Pantaléon ont rencontré des embarras passagers au mois de mars 1858 qui ont entraîné la cessation inattendue des activités. De nombreux ouvriers se sont alors vus tout à coup privés de moyens d’existence. Un mauvais coup du sort pour eux mais aussi, par extension, pour ceux qui les hébergeaient. C’est la fâcheuse aventure qu’a vécue la veuve Mérigot qui a demandé à “être remboursée des pertes considérables qu’elle a éprouvées par suite d’avances faites par elle pour la nourriture d’ouvriers”.

L’histoire ne nous dit pas comment la situation s’est résolue pour cette veuve. En revanche, on sait que dès le 2 août 1858, le chômage a cessé sur le chemin de fer de Brive. Il est aussi rapporté que de jour en jour, le nombre des ouvriers a augmenté sur les chantiers de St-Pantaléon. Un nombre justifié par la grandeur des travaux à réaliser: le viaduc d’abord, terminé le 8 septembre 1858, mais aussi et surtout les travaux de grands terrassements des abords à peine commencés et qui nécessitent 172.000 mètres cubes à déblayer.

ExpropriationsL’arrivée du chemin de fer n’a pas été accueilli avec un enthousiasme unanime. Chacun regarde d’abord les inconvénients que cette arrivée va impliquer. A côté des occupations de terrain qui se font soit à l’amiable soit par expropriation, apparaissent aussi des réclamations. Parmi elles, celle des frères Taurisson est détaillée dans notre ouvrage. Propriétaires et agriculteurs, Joseph et Antoine Taurisson se plaignent des dommages causés par les travaux effectués pour la réalisation de la voie d’entrée de la gare, des terrains dépendant de leur domaine. “Le chemin d’accès a été recouvert d”une couche de sable large et épaisse qui a détruit les récoltes de foin et de regain en 1859 et qui réduit pour longtemps la partie ensablée à un état complet d’improduction.”

Là encore, nous ne connaissons pas le fin mot de l’histoire. Par contre, l’avenir a révélé que l’arrivée du chemin de fer a été à l’origine d’un fort essor agricole pour Brive et sa région. Des petits maux pour certains, un grand bien pour tous.

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Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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