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Il n’y a pas d’âge pour jouer ensemble

“On redevient nous aussi enfants”, s’amuse Lucette, bientôt 80 ans, ravie de jouer avec Aya, 7 ans, et ses camarades venus hier du centre Jacques Cartier à la résidence autonomie Odette Neuville. Un après-midi apprécié de part et d’autre.

“Ils sont toujours attendus impatiemment”, confirme Claire Rivet, l’animatrice du CCAS qui chapeaute ces rencontres intergénérationnelles avec les trois résidences autonomie de la Ville. De fait, une poignée de résidents est déjà attablée dans la salle de restauration, trompant mollement l’attente en manipulant les divers jeux prêtés par la ludothèque. Les visages s’illuminent aussitôt l’arrivée des enfants.

“Ils sont ravis de venir avec les personnes âgées. C’est un partage qui a lieu régulièrement”, explique Christine Prom, l’animatrice qui les accompagne. Ils sont une douzaine aujourd’hui. Le temps de se débarrasser des vestes et gilets de sécurité de fluo, et la jeunesse se déploie telle une envolée de moineaux à travers les tables. On joue, on verra pour de plus amples présentations au fil de la partie. “Ça va très vite, le lien s’établit toujours naturellement autour du jeu”, constate Claire Rivet.

Aya et Rania, 7 ans chacune, ont fondu sur Chancoeurs, un jeu qui leur est encore inconnu et qu’ont à peine eu le temps de découvrir Évelyne, Guy et Michel. Sur un plateau sont disposés des œufs rouges qu’il faut prendre un par un chacun son tour. Selon la règle du jeu, le gagnant sera celui ou celle qui le premier en amassera 5. Sauf que certains œufs sont solidaires du plateau. Évelyne, 85 ans, se lance. Raté!, sa main revient bredouille. “Il faut de la chance. Et de la mémoire pour se souvenir de ceux qui sont collés.”

Jeunes et moins jeunes s’encouragent à chaque table. “Ça me rappelle mon enfance, on redevient nous aussi des enfants et ça amène de la joie”, sourit Lucette qui se raconte. Elle est venue du Lot et Garonne pour se rapprocher de son fils à Brive, laissant derrière elles connaissances et habitudes. La résidente n’a pas tardé à retisser des liens. “Les après-midis, on joue entre nous au Scrabble ou au Triomino. Mais demain, je vais danser. Et je marche aussi tous les jours à la plaine des jeux.”

Jeux, ateliers, lectures de contes, fabrication de pompons, de compotes à la cannelle, de cartes de vœux ou de couronnes, goûter galette ou crêpes, Carnaval… le calendrier égraine les thèmes de ces rencontres tissées entre générations. Toujours conclues en partageant un joyeux goûter.

Le CCAS a mis en place un programme d’interactions avec les accueils de loisirs, écoles et même les lycéens en filière animation. “Ces moments apportent à chacun, c’est très positif. En plus, certains résidents n’ont pas de famille qui les visite et certains jeunes pas de grands-parents. On sent beaucoup de douceur et d’attention dans ces échanges”, observe l’animatrice.

 

 

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

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