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Il était une fois les arbres de la forêt tropicale

Forêts pour mémoire

“Les forêts tropicales vont mal. Il est urgent de faire prendre conscience au grand public de ce qu’il est en train de perdre”, a clamé ce soir Francis Hallé, botaniste de renom, lors de la première table ronde organisée par les Treize arches, dans le cadre du programme du garage. Un enjeu : dresser le bilan de l’état des forêts. Un espoir, qu’une effervescence collective puisse contribuer à leur préservation. Retrouvez le programme des états généraux de la forêt qui se poursuivent à l’hôtellerie Saint Antoine tout le week-end sur le site des Treize arches. Entrée gratuite.

Francis HalléImaginez un peu… “La nuit tombe. Il faut quelques secondes à vos yeux pour s’habituer à la pénombre environnante et tout à coup, des bruits, des couleurs et des odeurs se répondent. Des champignons illuminent le sol de leurs couleurs fluorescentes, des lucioles brillent dans la nuit. Dans la cime des arbres, dans la canopée, sommet de la biodiversité, c’est un véritable concert de chants d’oiseaux. Dans l’air, le parfum des fleurs s’exacerbe.” Voilà le décor que plante Francis Hallé lors de la première table ronde des états généraux de la forêt à laquelle Ignacio Abella, naturaliste et écrivain, spécialiste de l’if, tant sur le plan botanique que symbolique, était aussi convié.

Ryth Stégassy, animatrice des débats

“C’est cela la forêt primaire, intacte de l’empreinte de l’homme. Et c’est quelque chose de passionnant. Rien à voir avec le tableau menaçant qui est tracé dans bon nombre de films par exemple et qui contamine notre subconscient”, regrette le scientifique. Comment pourrions-nous avoir envie de préserver quelque chose qui nous fait peur et qui nous semble si hostile? Un des problèmes est dès lors posé. La forêt tropicale va mal. Elle est dévastée par une déforestation massive, et faible est le mouvement qui se dresse pour la préserver. Une des réponses avancées à cette inertie : la menace imaginaire qu’elle représente. C’est ce constat que le scientifique a dressé. Et c’est de cette forêt tropicale dont il a parlé à un public nombreux. Connaître, pour aimer. Et aimer pour préserver. Telle était la logique vertueuse qui sous-tendait la rencontre.

Ignacio Abella“Il faut arrêter de calomnier la forêt tropicale”, ne cesse de clamer celui qui y travaille passionnément depuis plus de 50 ans. D’ailleurs, Ruth Stégassy, l’animatrice des débats, avouera, en introduction à la rencontre, avoir le sentiment qu’il est “plus plante qu’homme!” “Nous ne savons pas gérer l’écheveau de diversité biologique que constitue la forêt tropicale où la faune et la flore sont liées. Dès qu’une forêt tropicale est exploitée industriellement, elle disparaît rapidement“, poursuit le scientifique.

Un public impliquéAussi, c’est avec une verve accusatrice que Francis Hallé  s’en prend aux “coupeurs de bois”, comme il dit. “Sur la carte, c’est encore vert, quand en fait sur le terrain, ça brûle, c’est déjà la savane.” Un constat que le public constitué de professionnels de la filière du bois mais aussi de curieux et de passionnés a reçu frontalement, sans langue de bois: “L’ignorance abyssale de certains envers des choses basiques m’horrifie”. 

“Nous vous convions à un véritable exercice collectif de débats”, avait annoncé en préambule Ruth Stégassy, animatrice des débats. C’est bien ce qui se sera passé ce soir, à l’hôtellerie Saint Antoine où nombreux sont ceux qui y sont allés de leurs questions, approfondissements ou remarques. Un échange riche qui laisse présager un beau week-end durant lequel trois autres tables rondes se dérouleront à l’hôtellerie Saint Antoine, en présence de nombreux scientifiques, spécialistes de disciplines diverses liées à la forêt. 

  • samedi 2 octobre, 9h-12h. Mésusages…
  • samedi 2 octobre, 14h-17h. Et usages
  • dimanche 3 octobre, 9h-12h. Forêts en héritage

Retrouvez tout le programme des tables rondes et la liste des scientifiques invités sur le site des Treize arches en cliquant ici.

Inauguration des états généraux de la forêt

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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