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Hôpital : comment lutter au quotidien contre la douleur

Des ateliers dans le hall de l'hôpital pour la journée mondiale de la douleur

C’est aujourd’hui la journée mondiale de la douleur. Le centre hospitalier de Brive y participe comme chaque année en proposant dans son hall divers ateliers montrant comment l’établissement prend en charge au quotidien cette douleur qui y est devenue une constante au même titre que la tension et la température. Savez-vous par exemple qu’il utilise la cryothérapie, le mélange MEOPA et même l’hypnose?

pano stands

Le nombre de personnes qui défilent depuis ce matin aux différents stands dans le hall d’accueil, prouve s’il y avait besoin, que le sujet intéresse le public, patients ou non. “La douleur est prise en compte dès le début de l’hospitalisation”, assure Sylvie Vinges, cadre de santé qui pilote le projet douleur. “Elle fait l’objet d’une évaluation systématique, c’est devenue une constante, comme la tension et la température.” L’établissement briviste s’est engagé dans cette voie depuis 2005, ce qui ne veut pas dire qu’auparavant la douleur n’était pas prise en compte mais que des protocoles ont depuis été établis pour mieux la soulager. du froid“D’abord, pour la mesurer, grâce à un système de réglettes pour les patients communicants et pour les autres en identifiant sur eux différents signes.” Au sein de l’hôpital, c’est le CLUD (Comité de lutte contre le douleur) qui coordonne les actions et l’élaboration de ces protocoles.

“Chaque service dispose désormais d’au moins un référent douleur.” Ils sont 26 au total et ont tous suivi une formation intégrant différentes techniques, certains ont même passé un DU douleur (Diplôme universitaire) à Limoges. L’hôpital utilise ainsi une panoplie de solutions non médicamenteuses, séparément ou en les associant. En hémodialyse par exemple, il recourt à la cryothérapie (traitement par le froid pour anesthésier une zone en surface) plutôt que des pommades qui peuvent se révéler à la longue irritantes. Le MEOPA (Mélange équimolaire d’oxygène et protoxyde d’azote) régulièrement utilisé en pédiatrie pour diminuer l’anxiété liée aux soins s’étend dans les services.

toucher massageLes professionnels ont également changé leur méthode d’approche des patients, notamment grâce à tous les gestes qui relaxent découlant de la méthode Toucher Massage ®. “De la même façon qu’on apprend à toucher différemment, on apprend à parler différemment“, explique Isabelle Bontemps, infirmière anesthésiste. “En remplaçant par exemple le “ne vous inquiétez pas” par un plus apaisant “rassurez-vous”. Il faut employer des mots différents et des mots du patient.”

“On développe aussi de plus en plus l’hypnose“, commente Sylvie Vinges. N’y voyez rien de spectaculaire comme dans ces shows où les cobayes tombent subitement en léthargie. En matière de soins, il s’agit à l’hôpital de Brive “d’hypnose conversationnelle“, une méthode qui consiste à détourner en quelque sorte l’attention du patient.

stimulation electrique“Par la parole, en adoptant une voix posée, un ton monocorde, on amène la personne dans un ailleurs, une situation où elle se sent bien”, témoigne Stéphane Tarif, infirmier en gériatrie. “Comme récemment avec une patiente âgée, dans une promenade avec son chien à Arcachon. J’ai pu ainsi lui faire un soin pénible sans pour autant qu’elle ressente la douleur.” Une approche plus relationnelle bénéfique aux patients et par ricochet au corps soignant. “L’intérêt est d’amener le patient à devenir autonome et à se mettre lui même en auto-hypnose pour se détendre ou calmer sa douleur.”

 

 

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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