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Frédéric Goderiaux, toujours plus haut

Le Briviste Frédéric Goderiaux a récemment fait l’expérience d’un saut à très haute altitude sous oxygène, à 7.980m sous le soleil exactement. Cet amateur de sensations fortes n’en est pas à son coup d’essai et rien ne semble devoir rassasier son inextinguible soif d’aventure.

Il est loin le temps où il sautait de sa fenêtre les pieds joints avec un parapluie. Ce n’était presque rien, un jeu d’enfant mais qui disait pourtant déjà tout de sa soif d’aventure, de son goût prononcé pour relever les défis, fussent-ils risqués.

Car son récent saut à 7.980 m d’altitude n’était pas exempt de danger. “C’est très rare. Quand j’ai appris que ça existait, j’ai tout de suite candidaté auprès de l’équipe d’Halo Oxygen qui sont les seuls à faire cela en France.” Les candidatures sont arrivées de toute l’Europe. Grâce à son nombre de sauts, ses diplômes… ce projectionniste de métier, passionné de hockey sur glace, a été retenu.

Le rendez-vous était fixé aux Sables-d’Olonne à 7h45. Ont suivi une heure de briefing, puis 45 minutes pour s’équiper. “Le technicien qui s’est occupé de moi a coaché Tom Cruise pour les sauts dans Mission Impossible.”

A 10h, direction l’avion: un Cessna 208 Caravan de 16 places. 9 personnes à bord: 2 pilotes, 1 technicien et 6 parachutistes. Pendant les 50 minutes de vol, les vérifications du matériel se succèdent et le technicien augmente progressivement l’oxygène. Le sérieux est de mise. Le risque principal , c’est l’azote et le risque d’apoplexie. “Avec le manque de pression atmosphérique, l’avion doit aller très vite à cette altitude, on doit sauter très vite.”

Pas le temps d’hésiter, de regretter. Le voyant rouge vire au vert. C’est maintenant. Il faut sauter! “Je me retrouve dehors par -35°C et 36% d’oxygène. C’est un grand coup de fraîcheur et il n’y a pas d’appui sur l’air à cette altitude.”

Le jeu en valait-il la chandelle ? “J’ai une vision très nette, parfaite du paysage malgré ma chute, entre 300 et 400 km/h. Je ne me vois pas me déplacer mais j’ai largement le temps d’admirer le paysage, c’est magnifique. Je suis très calme malgré mon shoot d’adrénaline. Ce que je vois est incroyable. Royan, l’île de Ré, Oléron…” Mais c’est plus que cela: “Des sentiments très forts m’envahissent, sûrement les mêmes que j’ai ressentis un soir, seul, assis au sommet du Mont Blanc. L’équipe au sol m’avait prévenu que l’expérience était incroyable.”

Assez pour attiser le feu qui brûle en lui pour l’aventure mais pas assez pour l’éteindre. Il rêve à présent d’aller plus haut et de monter à 10.000m. Mais pourquoi ? Que cherche-t-il ? “Pas à me faire peur. C’est dur à expliquer…” C’est là, en lui. “C’est comme de demander aux alpinistes pourquoi ils grimpent… Car la montagne est là.” Car l’aventure est belle.

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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