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Frédéric Calleja, créateur d’une « bombe » dans la sécurité

Son projet a décroché le premier prix du Créathon. Ce spécialiste de la sécurité privée qui a débuté au bas de l’échelle développe une plateforme Internet qui mettra en lien les acteurs du métier. Un outil suivi de près par ESTER Technopole.

« C’est de la bombe », a réagi un de ses amis formateurs dans le domaine. Frédéric Calleja modère avec humilité : « C’est une solution, enfin, à bien des difficultés des métiers de la sécurité et de la sécurisation, en termes de recrutement, de suivi de formation, d’information et de management. Ça ne va pas tout résoudre, mais ça va aider à faciliter. »

Le propos déjà bien mûri aura convaincu lors du Créathon organisé en décembre dernier par la CCI de la Corrèze. Deux jours entiers pendant lesquels huit candidats coachés par une équipe d’experts ont affiné leur projet jusqu’à le porter en 5 minutes chrono devant un jury de dirigeants et d’investisseurs potentiels.

« Le Créathon a été un tremplin. Au-delà du premier prix et de la récompense financière, c’est la reconnaissance du vrai intérêt que recèle mon projet », savoure Frédéric Calleja. Non qu’il en doutât, mais jusque-là, ce Perpignanais installé depuis trois ans à Brive butait sur l’écueil de rendre compréhensibles un projet immatériel et un univers professionnel aussi mal connu que tatillon en matière de réglementation.

Ce monde de la protection des installations et des biens, il en a gravi tous les échelons au fil d’une carrière qu’il qualifie d’atypique : « 15 ans d’armée dans la spécialité cynotechnie (maîtres-chiens, NDLR), responsable de la sécurité d’un grand groupe d’assurance au niveau national, puis formateur pour divers organismes, dont le GRETA, et aujourd’hui, à 57 ans, créateur ».

Sa trajectoire autodidacte lui a permis en 37 ans de se forger une solide expérience et une vision élargie d’un secteur en plein essor depuis les attentats. « Il compte 180 000 agents rien que de terrain, ceux qui sont au premier contact. C’est un métier de service, indispensable, avec une compétence technique de plus en plus pointue. Il y a 11 ans, le premier niveau de qualification nécessitait deux semaines de formation, aujourd’hui il s’étale sur cinq, avec un approfondissement de la réglementation, des cas pratiques, des attitudes, de l’approche terroriste… Entre 20 000 et 30 000 agents de terrain sont ainsi formés par an et il en manque. »

N’y a pas accès qui veut : « Il y a des règles de sélection avec des tests de français et de maths. Les dossiers sont également examinés par le Conseil national des activités privées de sécurité qui se penche sur la moralité du candidat. » Sans compter qu’une fois la formation effectuée, le titulaire doit valider des recyclages réguliers. « Mais au-delà de la technique et des technologies, c’est de l’humain avant tout. » Le secteur peine à recruter des agents qualifiés et se heurte de plus à un fort turnover. D’où l’intérêt de cette plateforme qui mettra la profession en réseau.

« Ça a commencé avec le confinement et ça m’a pris trois ans. J’ai tout rédigé, maintenant c’est du développement numérique qui est très coûteux. J’ai travaillé avec des coachs d’Airelle, Pôle emploi, la CCI qui m’a beaucoup apporté. La technopole ESTER à Limoges m’accompagne pour performer le projet afin qu’il soit à la bonne mesure dès son lancement prévu courant 2024. À ce titre, l’expérience des JO va être riche d’enseignements. » Son nom : A.RÉS-DIRECT pour Acteurs de la sécurité en réseau et en direct.

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

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