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François Lacassagne 3e de la Transnamibia

Friand d’ultratrails les plus désertiques, le Briviste François Lacassagne revient d’une éprouvante course d’exception en Namibie avec une belle 3e place. Sur les 45 engagés, 26 seulement ont terminé !

Des pistes caillouteuses et très accidentées, du sable granuleux, des températures avoisinant les 40 degrés, de rares girafes croisées dans une végétation brûlée… Il fallait la vélocité et l’endurance de celui qui a été surnommé dans ce cercle ultraconfidentiel “le Fennec” pour s’octroyer un podium.

La Transnamibia est ce qu’on appelle un raid d’exception. “C’était one shot, il n’y aura pas de deuxième édition.” Évidemment, pour prétendre s’y frotter, il faut être un ultratraileur très très confirmé. Sur les 45 Européens qui ont tenté l’expérience, seuls 26 sont allés jusqu’au bout. Les quelque 250km d’un régime aussi intense qu’aride ont eu raison de leurs organismes. “La préparation physique, comme financière pour boucler le budget, a nécessité un an.” Beaucoup de kilomètres, beaucoup de renforcement pour faire de la douleur une alliée. “Je courrais 100 à 120km par semaine au pic de ma prépa cet été.”

La course comptait 10 étapes. Il n’y en a eu finalement que 9, l’une ayant été annulée pour cause de route effondrée. 10 étapes d’affilée en montant sa tente tous les soirs. “Nous n’avons eu qu’une seule journée de repos pour changer de région… On a dû faire 6 heures de 4×4, ce n’était pas exactement reposant!. La récupération a été aussi compliquée car je partageais ma tente avec un ronfleur”, s’amuse François. Tente que le Briviste, arrivant à l’étape dans les premiers, montait tout seul chaque soir.

“C’était vraiment très dur, à cause des conditions climatiques”, reconnait humblement François. Pourtant je m’étais bien préparé cet été pendant la canicule en courant aux heures les plus chaudes. Mais là, c’était une chaleur très sèche qui brulait les yeux. J’avais l’impression de courir dans un four.” Rusé à l’image de son surnom, le Briviste n’a pas compté sur les seuls ravitaillements de l’organisation et avait heureusement prévu d’emporter de quoi tenir avec lui.

“Je n’ai qu’un seul regret, c’est d’être parti un peu vite. Sur les deux premières étapes, j’ai voulu suivre celui qui a finalement gagné la course et j’ai pris des risques. Je l’ai payé physiquement sur les deux suivantes. C’est ce qui m’a fait perdre la 2e place. Mais je ne regrette rien, ça reste une super expérience sportive, humaine et émotionnelle. J’ai pris beaucoup de plaisir même dans la souffrance: se confronter à l’immensité des paysages et de la solitude, trouver sa foulée…. On se sent fourmi dans l’univers et ça fait le plus grand bien.” Comme aussi lors de la rencontre avec la tribu Himba pour qui l’organisateur NED a parrainé une école. “Ils apprennent avec rien et ils sourient du peu qu’ils ont. C’est une belle leçon de vie.”

Le commercial et coach sportif a retrouvé sa terre natale. Le retour à la veille de la Foie du livre de Brive, aura été un choc thermique. Quelques jours après, il frissonne encore. Le quinquagénaire avait pourtant fermement décidé de raccrocher en 2015, juste après le désert blanc d’Égypte. “Ça me manquait trop”, avoue-t-il. Qui sait si le Fennec ne ressentira pas à nouveau l’appel du désert…

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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