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Education: la FSU fait sa “rentrée des clash”

Conférence de presse de la FSU éducation

Le jeu de mot n’aura déridé aucun des représentants syndicaux FSU réunis hier en conférence de presse autour du secrétaire départemental Jean-Louis Puydebois pour un tour d’horizon de la rentrée dans les écoles, collèges, lycées. Chacun à son niveau a dénoncé “la dégradation grandissante du service public de l’éducation” dans un contexte général d’augmentation des effectifs d’élèves, suppression des postes d’enseignants, surcharge de classe… La FSU en appelle à la mobilisation pour la journée de grève ce mardi 27 septembre. L’intersyndicale qui a suivi a décidé d’un rassemblement départemental à 10h30 à la cité administrative de Tulle.

“C’est de pire en pire chaque rentrée”, “foutage de gueule” lance Jean-Louis Puydebois… Inquiet et amer comme ses collègues, le secrétaire départemental ne mâche pas ses mots pour “tirer une énième sonnette d’alarme” et fustiger une rentrée “désastreuse” en s’appuyant sur les chiffres: “entre 40.000 et 100.000 élèves de plus selon les sources, soit tout de même une différence de 60.000 élèves!; Jean-Louis Puydeboisla suppression de 16.000 postes dans l’éducation”, sans oublier les fermetures de divisions dans des établissements du second degré, des classes qui ne sont plus dédoublées pour certains enseignements… “Le taux d’encadrement des élèves en France est le plus bas d’Europe occidentale“, compare-t-il.

“Ce sont les enfants de familles défavorisées qui en pâtissent le plus: c’est très clairement l’installation d’une école à 2 vitesses, un choix inadmissible”, dénonce le représentant. Sa collègue de l’enseignement professionnel Béatrice Gauthier brandit alors un prospectus pour des cours privés: “on en reçoit tous les tous les jours”, déplore-t-elle en fustigeant au passage “l’aide dite personnalisée qui est dispensée par 10 ou 15 élèves quand ce n’est pas plus!”, accuse la représentante. “Il y a des postes non pourvus, un prof de math à Danton, un de lettres-histoire ailleurs… C’est une politique de régression, on revient deux siècles en arrière.”

Même son de cloche du côté de l’enseignement général. “Avant, on dépassait rarement 35 élèves par classe. Ce n’est plus le cas“, s’accordent Ben Aboubacar et Jean-Marc Chasseline: ” C’est ingérable, du cafouillage total. On a appris il y a 3 mois que l’épreuve histoire-géo du bac se passerait en 1ère, mais on ne connaît pas encore le contenu exact de ce qui sera demandé… On est dans une urgence totale.”

“Plus les groupes sont importants, plus la qualité est faible”, relance Jean-Pierre Durth, professeur d’EPS à Jean Lurçat: “même le savoir-nager est abandonné ainsi que la possibilité de pratiquer une activité physique à moindre coût par le biais de l’UNSS”. Conférence de presse FSUCôté enseignement agricole, Yves Callin n’est pas en reste reprenant les arguments de ses collègues. Seul le 1er degré semble tirer son épingle du jeu. “A la rentrée, nous étions en léger surnombre en personnel”, reconnaît Dominique Pouget.  “Ceci n’est dû qu’à une conjoncture favorable, typiquement corrézienne, donc aussi précaire qui ne se reproduira pas en 2012.” Le co-secrétaire reste dubitatif sur les expériences engagées par l’inspecteur d’académie grâce à ce surplus en nommant sur des demi-postes des professeurs des écoles dans des collèges, par exemple à Brive sur les établissements Jean Moulin et Cabanis: “c’est à dire là où il n’ont pas vocation à enseigner!” Autre sujet épineux, la suppression des EVS (Emplois de vie scolaire): “En Corrèze, la moitié d’entre eux passe à la trappe”, arguant “un immense gâchis humain”, pour les personnes elles-mêmes et par conséquence pour “la direction d’école laissé en jachère”. Tous donc de pointer la destruction du service public de l’enseignement.

L’intersyndicale éducation de la Corrèze rassemblant FSU, UNSA, CFDT, CGT qui s’est réunie plus tard hier, a décidé les modalités de la journée de grève et de manifestation du mardi 27 septembre. Le rassemblement départemental suivi d’une manifestation est prévu pour 10h30 devant la cité administrative à Tulle. La manifestation ralliera ensuite la préfecture où une audience sera demandée à la nouvelle préfète.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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