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Eco éolienne à Cabanis : un projet dans le vent

Le montage d'une des pales de l'éco éolienne. Le projet final fera le double

C’est une petite éolienne d’un nouveau genre, écologique jusque dans sa conception, que conçoivent sur commande des BTS du lycée Cabanis. Une éolienne individuelle, pas plus haute que 12 mètres avec des pales de 4 mètres et un maximum de bois. Un projet pédagogique et expérimental qui tient l’établissement en haleine depuis deux ans et implique une collaboration avec d’autres formations de la région. Explication avec le professeur Joël Béguier.

La pale en cours de montageLoin de nous l’idée de prendre position dans un “pour ou contre” l’éolien. Et libre à chacun d’avoir son opinion sur cette énergie renouvelable qui a encore récemment agité l’hémicycle. Au delà de toute polémique, ce projet d’éolienne élaboré au sein du lycée Cabanis rend d’abord hommage aux savoir-faire dispensés au sein de cet établissement.

“Le projet est né il y a deux ans. C’est une commande d’un cabinet d’architecture des Deux Sèvres“, explique Joël Béguier, enseignant en BTS électro technique, par qui tout est arrivé. “Il s’agit de concevoir une petite éolienne, avec deux objectifs majeurs qui tiennent à sa taille et à son impact énergétique. La philosophie est de concevoir un produit optimisé en terme de bilan carbone, c’est à dire qui minimise l’impact des particules de carbones dans l’atmosphère, aussi bien dans son utilisation que dans sa fabrication.”

Le prototype intègre un maximum de boisC’est pourquoi, nos inventeurs locaux ont décidé de s’appuyer sur un produit bien d’ici. “L’idée est d’utiliser au maximum du bois de la région, pour limiter les transports. Il s’agit de peuplier, de sapin Douglas ou d’épicéa, des bois très résistants au climat. Là aussi, c’est le choix d’un minimum de traitement. Ces bois présentent une durée de vie similaire aux matières composites, mais pour lesquelles l’entretien peut-être se révéler plus important.”

“L’objectif est de concevoir une petite éolienne, d’un mat de 12 mètres, pour simplifier les démarches administratives. Une telle dimension n’est soumise qu’à une déclaration et non une autorisation”, précise Joël Béguier. “Il faut réaliser un produit fiable qui ne coûte pas cher, ait un impact visuel minimal dans le paysage et produise suffisamment. Avec un rayon de pale de 4m, elle doit fournir une puissance de 6kW pour une vitesse de vent de 40km/h. L’idée bien sûr est de coupler l’éolienne avec une pompe à chaleur.”

Adrien Villebonnet, un des élèves en bac Pro qui a participé au projet

Sans vous assommer de détails techniques, sachez que le défi titille la curiosité et l’ingéniosité de nos techniciens. Un vrai bureau d’études! Il faut calculer le bon profil de la pale, la pénétration dans l’air, la régulation de la vitesse, la bonne restitution de la force… Les interrogations ne manquent pas. Des essais sur route corrézienne pour simuler le ventD’autant que le bois n’est pas leur matière favorite et que notre verte Corrèze est loin d’être aussi ventée que les Deux-Sèvres. Pour l’anecdote, les essais en Corrèze ont été assez épiques. Les techniciens n’ont pas hésité à monter sur le toit d’une voiture un de leur prototype aux pales de 80cm et à rouler à 80km/h pour simuler le vent. Ça ne s’invente pas.

“Pour l’usinage du bois, nous avons fait appel à l’IUT génie mécanique de Limoges qui dispose de machines de capacité suffisante”, explique Joël Béguier. “On arrive à trouver en Limousin les compétences nécessaires et à les fédérer. L’IUT de Brive a conçu le serveur web pour collecter les mesures à distance. On a également travaillé avec la plateforme bois d’Egletons et le design est réalisé par les BTS d’Aubusson.”

paleNous sommes à la limite de la recherche et du développement“, reconnait Gérard Gautherie, chargé d’affaires du réseau RAMSEI’S dont le rôle est d’aider à réaliser des projets pour l’industrie. Le projet s’est également attiré le soutien de l’Oséo et d’un partenaire privé.

Sur la table d’atelier à Cabanis, s’alignent plusieurs ailes en bois comme autant de jalons dans la conception de cette éco éolienne. Ce jour-là, le projet franchissait une nouvelle étape, avec l’essai d’assemblage d’une aile de 2 mètres sur le moyeu. Elle sera montée sur site à la rentrée prochaine.

L’intérêt, c’est de travailler sur un projet concret et innovant. En plus c’est écologique. Je suis fier d’y participer”, apprécie Adrien Villebonnet, presque 20 ans, étudiant en Bac pro. “C’est une première, ça me fait voir des applications différentes. C’est un atout supplémentaire. Mais ce qui me motive, c’est d’abord l’intérêt et la curiosité pour ce projet.” Une quinzaine de jeunes de Cabanis se sont ainsi succédés sur le projet, une vingtaine en comptant toutes les formations du Limousin qui y participent.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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