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Du savon artisanal fait en plein cœur de Brive

Gérard Barbier, 60 ans, artisan savonnier, vient d’ouvrir 14 bis rue Elie-Breuil, ruelle perpendiculaire aux rues Majour et de Corrèze, une boutique. Il fabrique sur place des savons naturels saponifiés à froid.

Né en Algérie Gérard Barbier a voyagé toute sa vie (nous y reviendrons…). Ce globetrotter vient de poser ses valises à Brive et a ouvert une savonnerie depuis laquelle il fabrique ce produit millénaire. Du savon fait à Brive de manière totalement artisanale avec des produits totalement bio et saponifié à froid… Visite de cette boutique-atelier nichée au sein d’une maison atypique de la rue Elie-Breuil en plein cœur de Brive.

A peine la porte poussée, les odeurs d’huiles essentielles pénètrent notre nez. Gérard Barbier est occupé à couper des blocs de savons qu’il a fabriqué il y a environ une semaine. « C’est le temps qu’il faut pour que le savon se repose avant d’être mis à la vente », explique cet artisan savonnier. De l’autre côté de la pièce, plusieurs blocs de savons sont exposés dans une immense étagère en bois. Choc des odeurs et choc des couleurs. Jaune, blanc, rose, bleu, violet… « Ce sont les pigments que j’incorpore manuellement dans ma préparation qui donnent ces couleurs aux savons. »

Ici, tout est artisanal. « Le savon c’est assez facile à faire », assure Gérard Barbier. Certes, mais il faut quand même un savoir-faire et quelques connaissances en chimie. Car fabriquer du savon demande de bien doser chaque élément utilisé. Notamment pour obtenir le léger surgras à 8% que Gérard Barbier donne à ses savons.

 

Tout artisanal et tout bio. Huile d’olive, huile de ricin, huile de tournesol, beurre de karité, beurre de cacao, huile de babassu ou poudre de lait de noix de coco…

« Que de bons produits dedans », souligne Gérard Barbier. Ça c’est la base. Ensuite, l’artisan y ajoute sa touche. « J’essaie de différencier mes savons et de jouer sur un aspect visuel. Avec des pigments naturels. Selon les huiles essentielles, j’y adjoins une couleur. Violet pour la lavande, jaune pour du citron etc ». De la grande cuisine. Et ce n’est pas qu’une expression puisque parfois Gérard Barbier utilise même du curcuma…

Place à la démonstration en direct et en musique qui se fait au-rez-de-chaussée du commerce et en vitrine. Les passants peuvent tout voir du procédé.

« J’incorpore ma préparation eau-soude aux corps gras et je mélange. La saponification (la réaction chimique) est déjà en train de se faire. Une fois le mélange obtenu, là c’est vraiment une sensation personnelle, il faut obtenir l’aspect d’une crème-anglaise en quelque sorte. » Quand on vous dit que c’est de la cuisine.

« Puis je verse la préparation dans le moule en bois. Voilà. C’est fait. » Mais ce n’est pas encore tout à fait terminé. Place au chef. La petite touche personnelle, le petit plus. La colorisation du savon. Gérard ajoute délicatement son mélange de couleurs. Puis avec un long et fin bâton, il dessine des formes… (Vous pouvez voir tout ça en vidéo ci-dessous).

Vingt-quatre heures après, le savon se sera solidifié. Il sera affiné encore un peu, comme un bon fromage.

En plus de ses savons, Gérard Barbier fabrique des shampoings solides et des bougies. Encore une fois tout est bio.

Une boutique et un artisan (voir portrait ci-dessous) à découvrir.

 

Savon Tradition

14 bis rue Elie-Breuil

Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 19h.

Renseignements. 06.34.39.11.34 ou savontradition@gmail.com

 

 

 

Gérard Barbier, au hasard de la vie

 

Arrivé il y a quelques mois à Brive « un peu par hasard », Gérard Barbier vient d’ouvrir une savonnerie artisanale en plein centre-ville.

Né en Algérie, Gérard Barbier n’y reste que six mois. Il part vivre dans le sud de la France, à Antibes avec ses parents. Il passe son enfance là-bas. Bac sciences agronomique et technique en poche il rejoint Bordeaux où il entame des études en sciences. Artiste dans l’âme ou plutôt « artisan dans l’âme » comme le souligne Gérard, et doué de ses mains, il se met à la coiffure. « J’avais envie de travailler et d’entreprendre ». Gérard apprend sur le tas. Ça se passe bien et il part travailler à Paris puis à Genève. « En Suisse, je coiffais la femme d’un grand dirigeant de TF1 à l’époque qui m’a proposé de partir au Maroc avec une équipe de la chaîne qui devait aider à moderniser la télévision marocaine. J’ai sauté sur l’occasion », raconte le désormais artisan savonnier.

L’aventure dure un an et Gérard se dit qu’avec son savoir-faire, il pourrait travailler dans des hôtels de luxe, coiffer les clients de ces palaces et voyager. Il reste au Maroc, il est engagé dans un grand hôtel de Marrakech… Après cette expérience, il revient en France, à Toulon où il travaille dans un salon de coiffure.

Un ami américain, venu visiter la France, lui propose de partir aux Etats-Unis. Les valises toujours prêtes, Gérard s’envole direction Los Angeles. En tant que coiffeur, il commence à travailler dans un hôtel de Beverly Hills puis s’installe en tant qu’indépendant. Il restera douze ans dans la cité des anges…

Retour en France en Vendée dans le petit village de Challé-les-Marais mais comme souvent Gérard a déjà une autre idée. L’envie de repartir et de retourner au Maroc, de vivre une nouvelle expérience. Il tiendra un riad dans la Médina durant quatre ans. Après cette nouvelle étape sur le continent africain, Gérard revient encore une fois en France dans le Périgord pourpre du côté de Bergerac. Nous sommes en 2012. Gérard a toujours autant la bougeotte, il voyage beaucoup. Costa Rica, Sri Lanka, Afrique du Sud toujours en sac à dos…

Entre deux voyages Gérard découvre en Dordogne une savonnerie artisanale. « Cela m’a beaucoup intéressé » et, un peu comme la coiffure, Gérard se lance et apprend sur le tas. Il apprend avec une amie. Il observe. Et finalement, il se fait engager dans cette savonnerie en apprentissage. Il peaufine sa formation et après quelque temps et d’autres aventures et péripéties, il décide de se lancer à son compte. Gérard découvre Brive par hasard, tombe sous le charme de ce local original de la rue Elie-Breuil et y installe sa savonnerie. Le début encore une fois d’une nouvelle aventure.

Julien Allain

Julien Allain

4 commentaires

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    J’ai hâte de venir découvrir ce magasin ! Fabriquer du savon n’est certes pas difficile mais comme dans tout métier artisanal c’est la richesse de l’individu qui se ressent dans le produit fini…Gérard est une Belle Personne. Du talent, de la passion, de l’exotisme, de la sensibilité…bref ! toutes les qualités requises pour que ses savons soient un délice.

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    Súper article. Il décrit très bien le lieu, le savoir-faire, les odeurs , les couleurs… et le maître savonnier.
    Des savons à consommer sans modération.

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    Je connais un peu le travail de Monsieur Barbier. J’utilise ses savons et je trouve qu’ils sont d’une grande qualité pour la peau. De véritables soins du corps aux huiles essentielles. C’est important. J’ai découvert cela. Auparavant un savon n’était qu’un savon….
    Monsieur Barbier est aussi un passionné qui partage ce qu’il sait avec une grande gentillesse.

    .

  •    Répondre

    Nous avons été très bien reçu, avec des explications spécifiques par savon fabriqué sur place…et quel plaisir de se laver avec un vrai savon bio…un trés large choix en plus des couleurs.
    Je recommande vivement.

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