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Du futsal pour combattre les stéréotypes

Filles et garçons côte à côte dans la même équipe, se passant indifféremment le ballon pour marquer. En réunissant hier une quarantaine d’enfants des centres socio-culturels pour une journée “Futsal pour tous” dans le gymnase Jean Moulin, le district de football a marqué des points contre les stéréotypes.

 

“Mais si, on prend aussi des filles dans l’équipe, elles sont remplaçantes”, croit argumenter un des garçons. “Je ne dis pas qu’elles sont nulles, mais qu’elles ne sont pas footeuses”, tente de justifier son voisin. Réunies entre deux matchs dans le vestiaire, garçons et filles débriefent librement avec Gil Esteves, président des commissions féminisation et diversification du foot au district de la Corrèze. “Il peut y avoir des différences physiques mais pas techniques“, reconnait le dirigeant. “Vous les garçons, vous écoutez moins ce que disent vos éducateurs, vous croyez que vous savez déjà faire et en fait non. Les filles sont plus réceptives aux conseils. Avec certaines, vous ne toucheriez même pas le ballon.”

Du foot, la conversation glisse tout doucement au sport en général, puis au quotidien, à la famille, aux taches ménagères… Les uns et les autres prennent conscience des stéréotypes qu’ils peuvent véhiculer à leur insu. Les interventions péremptoires disparaissent. Certes, il ne s’agit que d’un bref moment de réflexion, mais le problème est bien touché du doigt: le regard entre eux a changé. C’est tout le mérite de cette opération menée par le district de football auprès d’une quarantaine d’enfants de 11 à 14 ans fréquentant pendant ces vacances les trois centres socioculturels de Chapélies, Tujac et Rivet.

“C’est une première et nous aimerions renouveler cette action tous les ans. Nous avons mixé au sein des équipes garçons et filles des 3 centres”, explique Gil Esteves. “Ce matin, ils ont fonctionné en ateliers pour découvrir les règles du futsal, les rôles d’éducateur et d’arbitre et cet après-midi, pendant le tournoi, ils ont tour à tour étaient éducateurs, arbitres et joueurs. C’est une façon de décloisonner et d’éduquer à la citoyenneté”, souligne le dirigeant pour qui le principal objectif de l’opération est “d’abord de lutter contre le sexisme“.

Bien sûr, c’est aussi une manière de rendre plus accessible la pratique sportive. Le football corrézien comptait l’an dernier 9.000 licenciés, parmi eux 2.000 féminines. “Mais la pratique féminine est en progression crescendo dans notre district”, se réjouit son président Jean-François Bonnet qui a appliqué la parité à son propre bureau: “sur les 4 vice-présidents, 2 sont des femmes. L’idée est de féminiser la pratique, mais aussi les postes à responsabilité et pas forcément celui de secrétaire, de dirigeant également”. Bref, de faire tomber les barrières.

Les jeunes participants étaient quant à eux ravi(e)s de leur journée sportive qui s’est achevée par un traditionnel goûter, après la remise de t-shirts à chacun et d’un ballon de futsal par centre. De quoi poursuivre sur le chemin. Cette opération a été menée en partenariat par le District de football, l’Agglo de Brive et la Ville de Brive.

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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