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Don d'organes : parlez-en autour de vous

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Ce 22 juin a lieu la Journée nationale pour inciter au don d’organes, organisée par l’Agence de la biomédecine. Le centre hospitalier de Brive s’est mobilisé avec un message prioritaire: “la carte de donneur ne suffit pas, il faut en parler à vos proches car c’est vers la famille, en cas de décès, que les médecins se tourneront pour connaître votre volonté”.

 

docteur karamCentre de prélèvement des organes et des tissus depuis 2009, l’hôpital de Brive est particulièrement sensibilisé sur le sujet. “C’est un gros problème, on a beaucoup de refus, par méconnaissance de la volonté du défunt”, explique le docteur Elias Karam, responsable du CHPOT (Coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus). En France, nous sommes sensés pourtant être tous des donneurs potentiels, ce qu’on appelle le régime du consentement présumé. A moins de s’être inscrit sur le registre national des refus, là au moins les choses sont claires.

A défaut, c’est donc vers la famille que les médecins vont se tourner pour connaître votre volonté en cas de mort cérébrale, c’est à dire de destruction irréversible du cerveau. Et si vous n’en avez pas discuté au préalable, au choc et à la douleur du décès, va s’ajouter pour elle la difficulté de prendre une décision, qui plus est dans l’urgence. Même si vous aviez une carte de donneur.

“On ne veut pas heurter les sensibilités, on veut l’accord des familles, d’où l’intérêt de les informer”, insiste le médecin coordinateur. Une seule solution donc: informer ses proches de ses choix. “De façon générale, les gens sont pour, mais moins de 50% en parlent en famille. Qu’importe qu’on soit pour ou contre, mais qu’on le dise, pour lever l’ambiguité.” Et il n’y a que “quelques heures pour prendre une décision”. Spécialement formée pour cet accompagnement, l’équipe composée également de quatre infirmières, sait que ce moment est important, car de lui dépend la décision. Ensuite, en cas d’acceptation, c’est “une course contre la montre” qui est déclenchée.

renseignements don organesAgréé pour le prélèvement, mais pas pour la greffe, l’hôpital qui va faire toute les analyses, va contacter l’agence de biomédecine régulatrice et c’est “une logistique énorme qui se met en place” pour faire parvenir les organes ou tissus aux différents équipes chirurgicales. Il faut savoir qu’en dehors de certaines contre-indications, “on peut tout prélever et il n’y a pas d’âge limite, sauf pour quelques organes comme le coeur”, précise le docteur Elias Karam. “Le plus vieux donneur était âgé de 93 ans et le receveur de son foie va bien.” On peut prélever le coeur, le foie, les reins, les poumons, les intestins… Et dans les tissus, la cornée, les artères, les veines, les os… la peau pour les grands brûlés. Brive est d’ailleurs le plus gros centre de prélèvement de peau, avec 6 prélèvements en 2014. Il en a également effectué l’an dernier 156 de cornée.

La procédure obéit à des règles médicales et éthiques très précises. “Le prélèvement est effectué au bloc opératoire dans les mêmes conditions et avec le même soin que pour une personne en vie. Le corps du défunt est respecté comme pour toute opération chirurgicale et sa restauration sera parfaite”, précise le médecin.

“On ne parle pas de mort, mais de vie, c’est un geste gratuit, un acte citoyen, un acte de fraternité d’une force énorme.” Car une personne peut en sauver plusieurs. “En France, 50.000 personnes vivent grâce au don d’organe. Symboliquement, ça représente la ville de Brive”, mesure le médecin. “C’est énorme, mais pas assez. En 2014, il y a eu plus de 5.300 greffes mais 15.000 personnes sont sur liste d’attente.”

Comme les autres années, en cette journée nationale, un stand d’information sensibilise le public dans le hall de l’hôpital. Pour la première fois aussi, la moitié de l’équipe s’est installée dans la galerie marchande d’une grande surface. “Le but est de faire baisser le chiffre des refus. Il est d’un sur 3.” Et de réitérer: “Surtout, il faut en parler autour de soi, ses proches. Maintenant”.

Un site pour en savoir plus: dondorganes.fr.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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