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Deux premiers tonneliers "maison"

CAP Brive tonneliers1pano

Ce sont deux brillants titulaires d’un CAP tonnelier obtenu pas tout à fait comme les autres. Pendant deux ans, ils ont bénéficié d’un dispositif unique en France: une formation “sur mesure” en immersion totale chez Brive Tonneliers qui vient de les embaucher. Leur remise de diplôme s’est déroulée en présence d’Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine. Une indéniable insertion professionnelle.

 

CAP Brive tonneliers4La remise effective des diplômes a eu lieu vendredi dernier dans les locaux mêmes de l’entreprise située dans la zone de Cana. En grande cérémonie. Même les Sages du Conseil de la Haute Coulombe (une instance d’experts dans le domaine) avaient revêtu leur toge écarlate.

Les représentants de toutes les parties prenantes à la formation étaient réunies: Laurent Lacroix, directeur général de Brive Tonneliers, Christian Lavent, président de la Chambre des métiers de la Corrèze, Frédéric Aubreton, directeur du CFA (Centre de formation d’apprentis) Les 13 Vents de Tulle, évidemment aussi les maîtres tonnelier et foudrier de l’entreprise qui ont assuré in situ cette formation inédite.

CAP Brive tonneliers3Jusqu’au président de Région (collectivité qui est en charge de la formation professionnelle) venu honorer de sa présence cette première promotion baptisée François Treuil (du nom du fondateur de la tonnellerie): “L’entreprise doit être un organisme de formation”, a-t-il insisté en y voyant “un élément essentiel de l’attractivité du territoire”.

CAP Brive tonneliers2Et il n’en fallait pas moins pour saluer ce qui s’apparente à un événement: décrocher son CAP sans passer par les bancs de l’école. Cela s’appelle une FEST, une Formation en situation de travail.

L’idée est simple: deux ans d’apprentissage en entreprise avec un diplôme reconnu à la clé, le même intitulé qu’ailleurs, mais avec un contenu de formation conçu sur mesure, en adéquation totale avec les besoins de l’entreprise. L’assurance pour l’entreprise “hôte” d’avoir un salarié “cousu main” dans un métier très ancestral malgré l’évolution des technologies.

“Nous avons pris comme cadre les bases du CAP tonnelier, en affinant sur les spécificités de l’entreprise, comme la foudrerie (les grands contenants, NDLR) pour laquelle il n’existe aucun référentiel d’enseignement”, explique Frédéric Aubreron, directeur des 13 Vents. “Il nous a fallu créer un “parcours territorialisé d’apprentissage”, accompagner les apprentis et leurs formateurs dans l’entreprise.” Une offre de service nouvelle aussi pour le CFA de Tulle.

CAP Brive tonneliers7Les deux candidats de 24 et 26 ans n’étaient pas totalement des novices. Tous deux ayant déjà un CAP (en l’occurrence d’ébéniste), ils ont été dispensés de la partie “enseignement général” effectuée au CFA et ont donc pu se consacrer pleinement à l’acquisition de leurs futurs savoir-faire. “Il y a deux ans, je ne savais même pas que la tonnellerie existait”, reconnait Baptiste. Même chose pour Antoine: “Ça a été la révélation d’un métier dans lequel je peux me projeter. Chaque pièce de bois a sa particularité. Ce qui est passionnant, c’est de créer quelque chose que l’on met en place chez le client”. D’autant que le groupe offre des perspectives sur plusieurs sites et à l’export.

CAP Brive tonneliers5Tous deux ont donc patiemment appris l’amour et les subtilités de ce métier sur le terrain, “à être dur à la tâche”. “Le gros avantage de cette formation, c’est qu’il n’y a pas de coupure avec une semaine passée à l’école, on peut donc approfondir et suivre des chantiers.” Les deux apprentis ont eu pour formateurs au sein de l’entreprise des références : Alain Girard, maître tonnelier Meilleur ouvrier de France et Mikael Gossweiler, un maître fourdrier atypique formé en Suisse. Une “satisfaction” pour l’un comme pour l’autre de transmettre à leur tour un savoir qu’ils ont reçu et aussi de leur passion.

Pour le directeur de Brive Tonneliers, l’enjeu est aussi économique. “Il s’agit d’anticiper la vague de départ à la retraite qui devrait s’échelonner de 2025 à 2030, avec un recrutement quasi parfait”, explique Laurent Lacroix. Une deuxième session a d’ailleurs déjà débuté avec deux nouveaux candidats. “Ces apprentis acquièrent ainsi un métier d’excellence tout en s’imprégnant du mode de fonctionnement qui fait notre ADN, ce que j’appelle notre capital immatériel.” Inestimable!

 

 

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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