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Des femmes admirablement libres

Beau plateau de femmes sur la scène du Théâtre: Laure Adler, Chantal Thomas et Caroline Laurent. Trois générations, trois origines, trois auteur(e)s venues accorder leur force d’émancipation.

Toute édition de la Foire du livre réserve son lot d’instants magiques, de ceux où le public en suspens se fait silence pour mieux entendre entre les mots. Cette rencontre en fait partie. Elles sont femmes toutes trois, bercées chacune à leur époque par des stéréotypes normatifs. Trois femmes qui avec courage et persévérance ont appris à franchir les barrières, du genre comme les autres, à s’affranchir du convenu et à savoir tomber les masques pour en parler, se mettre à nu en dévoilant cette fragilité qui fait toute leur force. Elles offrent ainsi trois livres intimes et universels autour de la transmission et de l’échange.

Avec son Dictionnaire intimes des femmes, Laure Adler convoque les siècles (depuis Adam, la côte originelle) jusqu’à notre époque et ses nouvelles icônes (une radieuse Chimamanda Ngozi Adichie). Ce dictionnaire dans lequel on se balade à son gré, bruisse de toutes les voix (y compris celle de Cendrillon) qui ont construit l’histoire des femmes. Ce vagabondage est aussi une sorte d’autobiographie qui révèle, par les choix inspirés, beaucoup de son auteur. “Mon seul désir était de faire connaitre ou reconnaitre ces femmes tant elles ont été pour moi des exemples qui nous donnent courage, énergie et espoir. On enseigne toujours l’histoire des hommes dans l’Histoire, les femmes ont été tout aussi voire plus présentes.”

“Très longtemps la place des femmes était à l’arrière, voire manipulatrices”, pointe Chantal Thomas qui dans Souvenirs de la marée basse pose aussi la question de ce que chacun peut transmettre. “La littérature nous ramène toujours à la question de l’origine. Longtemps j’ai cru que je m’étais formée par moi-même, à partir des rencontres. Ma mère était à l’horizon, évidemment. J’ai compris qu’elle m’avais finalement appris à dévier.”

Pour Caroline Laurent, éditrice devenue par la force du destin auteur afin d’achever le récit autobiographique d’Evelyne Pisier, brutalement décédée en février dernier, c’est cette charismatique figure intellectuelle qui lui aura donné sa légitimité. Une rencontre fulgurante pour la jeune femme qui cosigne Et soudain, le silence. “Évelyne Pisier m’a donné le droit d’écrire et d’exister, de me lancer et d’oser. L’audace de cette femme a conduit ma propre audace.”

 

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Marie Christine MALSOUTE, Photos : Sylvain MARCHOU

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Sylvain MARCHOU

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