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Dérapage musical contrôlé !

Le public, tenu en haleine, pendant le ciné-concertDans le cadre du 6e festival de cinéma de Brive, un ciné-concert a été organisé hier soir, jeudi 2 avril. Gérald K a créé pour l’occasion une composition inédite jouée au rythme de la projection sur grand écran du film de Tod Browning: The Unknow.

L’artiste a fait preuve d’une patience et d’un professionnalisme à toute épreuve: malgré les obstacles techniques, il a offert aux Brivistes, nombreux à avoir fait le déplacement sur la place du Civoire, une parenthèse sonore rare et magique.

Plus de 300 personnes s’étaient rassemblées sur la place du centre ville malgré la fraîcheur du crépuscule. La salle de concert improvisée résonnait de conversations et de rires jusqu’au moment où l’artiste a fait entendre les premières notes de sa composition, créée tout spécialement pour l’occasion. Elles mirent tout le monde d’accord: à l’unisson, le public, désormais attentif, fit silence.

Tout semblait filer comme sur des rouleaux de pellicules jusqu’au moment où Gérald K, désolé, a demandé l’arrêt de la projection: ayant répété à l’aide d’un DVD (18 images par seconde), il s’est retrouvé en décalage avec cette projection sur grand écran (24 images par seconde). Avec gentillesse et humilité, l’artiste s’est excusé de ce problème technique dont il n’était pas responsable et a proposé de réaliser une improvisation sur les moments clé du film. Le public, compréhensif, l’y a encouragé.

Une mélodie douce et sombre, une voix, envoutante et profonde… Tout s’accordait harmonieusement avec ce mélodrame en noir et blanc de 1927. La voix semblait traduire l’angoisse muette de Nanon, cette femme effrayée à la vue des mains des hommes et paraissait expliciter le désespoir d’Alonzo qui, par amour pour elle, se fait couper les mains, juste au moment où elle accepte de tomber dans les bras rassurants de Malabar. Les moments de silence, imposés par les problèmes techniques, créèrent une atmosphère magique: une parenthèse enchantée.En dépit des obstacles, Gerald K joue le jeu de l'improvisation avec brio.

L’émotion était à son paroxysme jusqu’au moment où, le destin s’acharnant, la projection s’est stoppée à peine 30 minutes avant la fin du film. Saluons là la patience et la compréhension de l’artiste qui, dans le calme et la retenue, a abordé cet ultime obstacle avec le sourire- même s’il devait être quelque peu jaune, on l’aurait été à moins! Il a alors raconté au public, incrédule et désolé, la fin du film avant d’offrir la chanson finale sur un fond noir… Troublant. Malgré les ratés techniques, le public est resté immobile jusqu’à la dernière note, tenu par l’émotion et l’harmonie du moment. Par delà les imprévus, le talent de Gérald K a su faire des ratés, une force. Chapeau bas l’artiste!

A ne pas rater : les “cartes blanches” à Christophe, dimanche 5 et lundi 6: ce sera l’occasion ce jour-là de voir The Unknow si vous l’avez manqué hier ou de le revoir sans coupures et au chaud!

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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