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“Depuis 7 ans, je vis grâce aux donneurs”

Paul Boucheron, transfusé deux fois par mois

Paul Boucheron, 77 ans, est atteint d’une anémie chronique. Deux fois par mois, il doit recevoir des transfusions. “Sans ce traitement, ma vie serait compromise.” Aujourd’hui, par reconnaissance, cet ancien ingénieur veut témoigner et apporter ainsi son soutien à la campagne d’affichage menée depuis ce lundi à Brive par l’EFS (Etablissement français du sang) pour motiver de nouveaux donneurs.

C’était en 2003, j’ai ressenti une grande fatigue qui s’amplifiait progressivement. J’ai passé des analyses et le bilan sanguin a montré que les globules rouges baissaient. Après un prélèvement de moelle osseuse, on m’a diagnostiqué cette anémie chronique, une myélodysplasie en des termes plus scientifiques.” Il y a sept ans, la vie de ce retraité amateur de bricolage a basculé. Seul traitement possible: recevoir régulièrement des globules rouges pour pallier sa déficience. Alors a débuté le cycle ininterrompu des transfusions, toutes les deux semaines en moyenne. “J’ai d’abord été soigné pendant deux ans à Limoges et depuis cinq ans à Brive en hématologie.”

Quel bonheur de pouvoir encore profiter de la vie…”

Le cahier bleuPaul Boucheron sait parfaitement ce qu’il doit aux donneurs de sang. “Pour ce que j’ai, il n’y a pas de produit de substitution connu. Sans ces transfusions, en quinze jours trois semaines, ça baisse, ça baisse, ça baisse comme une bougie qui s’éteint… Il faut sans cesse me réapprovisionner. C’est de la survie. Je me fatigue vite. Mais quel bonheur de pouvoir encore profiter de la vie auprès de sa famille et des êtres qui sont chers. Quel beau cadeau!” Alors le receveur veut renvoyer l’ascenseur et être lui aussi utile, à sa manière, en apportant son témoignage, en accord avec l’EFS.

J’ai donné mon sang pendant 20 ans. Pour moi, c’était un geste naturel, un acte de civisme“, explique l’ancien pompier volontaire. “Je pensais surtout aux accidentés de la route qui avaient besoin de sang en urgence, aux grands brûlés aussi, mais pas aux malades. Et je ne pensais pas qu’un jour, j’en aurais à mon tour besoin.” Aujourd’hui, de l’autre côté de la barrière, Paul Boucheron donne son petit coup de pouce: “Si je peux aider à trouver de nouveaux donneurs…”

80% des Français se disent prêts à donner leur sang, mais seulement 4% le font”

Paul BoucheronLe don du sang est irremplaçable et souvent indispensable pour sauver une vie. Un jour, chacun de nous peut avoir besoin d’une transfusion.” Paul Boucheron en est l’un des exemples concrets. Il essaie d’ailleurs de motiver d’autres receveurs. “J’aimerais beaucoup que d’autres témoignent comme moi.” Sans succès. Alors, il essaie toujours, comme il dit, de “positiver”, suit de près les actions d’EFS, parle de la gentillesse du personnel, de la convivialité des bénévoles, de la limite d’âge repoussée… Il découpe aussi les articles de presse sur le sujet qu’il colle minutieusement dans un cahier bleu. “Il faut continuer à donner et trouver de nouveaux donneurs”, répète-t-il. “80% des Français se disent prêts à donner leur sang, mais seulement 4% le font. Beaucoup ont peur de la piqûre.” Bien sûr, il y a une liste de contre-indications, obéissant au principe de précaution assurant la sécurité du don, mais ces limitations n’expliquent pas l’écart entre les pourcentages. “Un pas à faire, une porte à franchir… et je donne mon sang, c’est simple?”, interpelle Paul Boucheron.

Sur le même sujet, vous pouvez également lire notre précédent article:

Et pour tout savoir sur le don du sang et les collectes, vous pouvez consulter le site de l’EFS.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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