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Dans le secret des Immortels avec Amin Maalouf

Dans la salle d’honneur de l’Hôtel de ville ce matin, les personnes ont été nombreuses à venir écouter l’Académicien Amin Maalouf raconter les secrets de l’Académie française. L’occasion de demander à cet Immortel s’il convenait de parler d’auteure ou d’auteuse, d’autrice ou d’autoresse alors que la Foire du livre battait son plein à quelques encablures.

Comment dit-on auteur au féminin ? Une question d’actualité pendant ce week-end de Foire du livre à laquelle beaucoup de femmes auteurs participent. Pour Amin Maalouf, on peut dire une auteure. “Une question d’oreille mais c’est l’usage qui prime. L’Académie ne fait pas autorité pour imposer l’une ou l’autre de ces formes.” N’empêche, la féminisation des mots, notamment de métier est importante. “L’Académie a évolué sur la question”, se réjouit l’auteur de Naufrage des civilisations. “C’est important car c’est important pour les personnes concernées. Pendant longtemps, certains métiers étaient réservés aux hommes. Cela a évolué et il faut prendre acte du changement.”

Lors de la rencontre, Amin Maalouf aura aussi pu dévoiler les coulisses de l’Académie françaises, ces petits détails ignorés des quidams: les statuts mais surtout les usages. La commission dictionnaire du jeudi matin pendant laquelle une heure peut être passée à discuter de trois lignes, la pause Jacqueline de Romilly, comprenez la pause café, la procédure pour candidater…

A ce sujet, même si le rôle des femmes à l’Académie semble plus important et semble surtout amené à croître encore, il apparaît qu’elles présentent moins de candidatures que les hommes. “Les femmes attendent d’avoir beaucoup écrit et qu’on vienne les chercher quand de jeunes auteurs foncent. Mais c’est là aussi un état d’esprit qui va changer je pense.”

Quant au sens et au rôle de cette Académie fondée en 1634 par Richelieu, Amin Maalouf est clair: “Elle n’a pas d’utilité mais elle est une nécessité. Il est important qu’une institution symbolique dédiée à la langue donne une existence à la préoccupation culturelle de la France.

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

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