L'actualité en continu du pays de Brive


Costa-Gavras se raconte au Rex

Le Rex a déroulé son tapis rouge au cinéaste franco-grec Costa-Gavras qui a répondu présent à l’invitation du journaliste et romancier Eric Fottorino, président de la 38e Foire du livre de Brive. Une soirée à guichets fermés.

Plus de 300 personnes avaient réservé leur place pour cette soirée exceptionnelle au Rex, une occasion unique de voir et d’entendre Costa-Gavras à Brive. Une ville que le cinéaste a confié déjà connaitre un peu. Mais c’est la première fois qu’il foulait la Foire et il est resté fasciné par son ampleur, par le monde et le temps qui lui a fallu pour rejoindre le stand du Seuil chez qui il publie ses mémoires Va là où il est impossible d’aller.

Pour lui, ce lieu a été la France. “En Grèce, il n’y avait pas d’avenir. Après la guerre civile, des milliers de Grecs sont partis travailler en Europe. Moi j’ai choisi la France parce que je savais que l’on pouvait y faire des études gratuites.” Il n’a pas regretté son choix. “La France m’a accueilli d’une manière formidable.”

Dès son arrivée, il s’est inscrit à la Sorbonne. Une voie à laquelle il a vite préféré le cinéma pour pouvoir “raconter des histoires en image“. C’est comme cela qu’est né Compartiment tueurs en 1965. Un film adapté du roman éponyme de Sébastien Japrisot.

Les livres ont toujours été pour le cinéaste une source d’inspiration. Il y a eu aussi Un homme de trop, adapté du roman de Jean-Pierre Chabrol et Missing, palme d’or à Cannes et Oscar du meilleur film étranger; mais aussi Clair de femme, adapté du roman de Romain Gary. “C’est une histoire d’amour sans amour, celle de deux personnes qui essayent de se sortir du malheur en le profanant.”

C’est un film plus récent qui a ouvert la projection ce soir au Rex. Adults in the room, sorti en salle mercredi. La crise de 2010 est à l’origine de ce film. “Elle a provoqué des milliers de licenciements; pour ceux qui travaillaient, les salaires ont été baissés de 40%, les magasins ont fermé par milliers, 500.000 jeunes diplômés ont quitté le pays…”

L’engagement de ce cinéaste profondément politique est le même aujourd’hui qu’hier. Il y a 40 ans, il réalisait Z, second film projeté ce soir au Rex. Adapté du roman de l’auteur grec Vassilikos, il relate l’assassinat d’un député progressiste grec. Le juge d’instruction chargé de l’enquête met en évidence le rôle du gouvernement, notamment de l’armée et de la police, dans cet assassinat. Un chef d’œuvre du cinéma avec Yves Montand et Jean-Louis Trintignant que cette soirée a offert de voir ou de revoir.

 

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

Laisser un commentaire