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Contre les violences faites aux femmes

“J’ai reçu des roses aujourd’hui….” débute le texte du poème* inscrit sur la stèle au cœur de la Roseraie. Comme chaque 25 décembre, à l’appel de l’association SOS Violences conjugales, des gerbes ont été déposées à son pied en mémoire des femmes et des enfants, malheureuses victimes encore en 2021. Une cérémonie empreinte de beaucoup d’émotion dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes.

101 femmes sont décédées sous les coups de leurs conjoints depuis le 1er janvier 2021. L’an dernier, ce seuil avait été franchi la même semaine”, rappelle la voix tremblante Georgette Chastanet. Un inacceptable chiffre qui masque pour la présidente une phénomène certainement plus grand avec les cas particulier des femmes de plus de 70 ans, un crime sur cinq, dont le recensement prête à controverse avec des décès attribué à d’autres causes, fin de vie, fatigue, maladie…

Si la majorité des victimes ont entre 30 et 40 ans, le fléau n’épargne pas les plus jeunes. “Il y a quand même 10% de mineures: 13 jeunes femmes de moins de 25 ans ont déjà perdu la vie. Parmi elles, Alisha, 14 ans, frappée et jetée depuis un pont de la Seine par son ex-petit ami et sa nouvelle copine.”

101 féminicides en 2021. Il est probable que le nombre de victimes soit en réalité beaucoup plus élevé. Les cas de “suicides forcés” de femmes qui se donnent la mort en raison des violences conjugales et du harcèlement moral qu’elles subissent, commencent en effet à être repérés.

Parmi les huit gerbes de roses offertes par l’association, les Femmes élues de Corrèze, le sénateur, le président du conseil départemental, les maires de Brive et Tulle, la préfète, une était également destinée aux enfants victimes eux-aussi. “Au moins 115 enfants ont perdu cette année un de leurs parents, leur mère pour la plupart, dans un crime sur conjoint, et au moins 37 ont été témoins des faits : 31 étaient là, six ont découvert le corps.”

Depuis 31 ans, l’association SOS Violences conjugales ne cesse d’accueillir et d’accompagner les victimes en développant son action. La présidente a d’ailleurs confirmé hier la mise en place en 2022 de permanences en milieu rural pour atteindre les femmes les plus isolées. Prochainement, elle devrait se voir attribuer par les tribunaux des bracelets anti-rapprochement afin d’empêcher les auteurs de ces violences de s’approcher de leurs victimes.

Le fléau malheureusement persiste demeure, son combat est l’affaire de tous et, heureusement, “la prise de conscience a progressé, l’accompagnement aussi”, souligne Dominique Eyssartier, adjointe au maire en charge de la sécurité. “Les agents de la police municipale ont été formés à l’accueil et à l’accompagnement des femmes victimes de ces violences. Nous travaillons également sur l’enjeu global des différences entre femmes et hommes avec des formations dispensés auprès de tous les agents municipaux contre le sexisme ordinaire.”

Tout au long de la cérémonie, entre les prises de paroles des officiels, ont été lues les paroles poignantes de femmes victimes, témoignages recueillis lors des ateliers organisés par l’association.

Contacts utiles.

  • l’association SOS Violences conjugales au 05.55.88.20.02 (du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 13h à 18h), par mail à sosviolencesconjugales19@outlook.fr et sur sosviolencesconjugalescorreze.fr.
  • le numéro national 3919 (ouvert du lundi au samedi, de 9h à 19h).
  • la Maison de soie au 05.55.20.57.24.
  • la plateforme de signalement des violences sexistes et sexuelles: arretonslesviolences.gouv.fr
  • Police Secours au 17.

 

* J’ai reçu des fleurs aujourd’hui…

« J’ai reçu des fleurs aujourd’hui.
Ce n’était pas mon anniversaire ni un autre jour spécial.
Nous avons eu notre première dispute hier dans la nuit
Et il m’a dit beaucoup de choses cruelles qui m’ont vraiment blessée.
Je sais qu’il est désolé
Et qu’il n’a pas voulu dire les choses qu’il a dites
Parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui.
Ce n’était pas notre anniversaire ni un autre jour spécial.
Hier, dans la nuit, il m’a poussée contre un mur et a commencé à m’étrangler.
Ça ressemblait à un cauchemar, je ne pouvais croire que c’était réel.
Je me suis réveillée ce matin le corps douloureux et meurtri.
Je sais qu’il doit être désolé
Parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui
Et ce n’était pas la fête des mères ni un autre jour spécial.
Hier, dans la nuit, il m’a de nouveau battue,
C’était beaucoup plus violent que les autres fois.
Si je le quitte, que deviendrais-je?
Comment prendre soin de mes enfants? Et les problèmes financiers?
J’ai peur de lui mais je suis effrayée de partir.
Mais je sais qu’il doit être désolé
Parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui.
Aujourd’hui c’était un jour très spécial,
C’était le jour de mes funérailles.
Hier dans la nuit, il m’a finalement tuée. Il m’a battue à mort.
Si seulement j’avais trouvé assez de courage pour le quitter,
Je n’aurais pas reçu de fleurs aujourd’hui…»

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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