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Cie Hervé Koubi: un livre en préparation pour les dix ans

La maquette du prochain livre: plus de 600 pages pour retracer 10 ans de danse

Tous les ans, la compagnie de danse Hervé Koubi sort un livret présentant son travail en cours. Cette année, l’ouvrage qui relate les dix ans de résidence, dépassera les 600 pages. Du premier spectacle Golem au dernier El Din en passant par les projets amateurs et scolaires, cet opus 10 retrace, page à page, pas à pas, une belle aventure tant artistique qu’humaine. Le livre qui donne la parole à l’image, doit paraître chez Geste éditions au printemps, à l’occasion de Danse en mai, organisé du 7 au 21 mai par les Treize arches.

Hervé KoubiIl y a six mois, lorsque nous avons commencé à travailler sur ce livre anniversaire, nous pensions sortir comme d’habitude un 100 pages… Nous en sommes aujourd’hui à plus de 650″, s’étonne encore Hervé Koubi. Il faut dire que ce nouvel opus dévoile non pas, comme c’était le cas auparavant, la création du moment, mais bien toute l’activité de cette compagnie en rési”dance” à Brive depuis 2001, un an en fait après sa création. “Ce n’est pas la somme des neuf livrets précédents. En plus du travail professionnel, nous avons aussi voulu montrer les projets amateurs et nos interventions en milieu scolaire”, explique le chorégraphe. “C’est un regard sur ces 10 ans, mais aussi un clin d’œil à ceux qui nous ont accompagnés, photographes, danseurs, spectateurs, enseignants…”

A ses côtés, Guillaume Gabriel qui collabore depuis 2001 sur l’ensemble des créations: “En fait, c’est une histoire collective que nous avons redécouvert en réalisant ce livre“. Un voyage jalonné de rencontres. Hervé Koubi évoque aussitôt “ces Africains qui n’arrêtent pas de nous mettre des gifles humainement”, Guillaume Gabrielmais aussi tel ou tel enseignant qui a soutenu un projet, tel enfant qui a découvert la danse, tous ceux qui ont partagé ces moments intimes de création… Un livre témoin du chemin suivi, de complicités tissées, un vecteur. “A travers ce livre, notre intention est de valoriser la danse et pour cela nous avons donner la parole à l’image. Il y a beaucoup de photos, pleine page ou en double, peu de textes. Et des images qui n’ont jamais été publiées. Nous n’avions que l’embarras du choix.”

Hervé et Gabriel ne cessent de modifier la version numérique du futur livre, changeant une photo, la déplaçant, l’intercalant, la retirant… Des modifications qui s’apparentent pour eux à “la tectonique des plaques”. “Il faut attraper le moment subtil, saisir l’instant qui traduit le mieux ce que nous avons ressenti et qui puisse s’insérer dans l’ensemble.” Comme un chorégraphie qui se cale au fil des répétitions. Les photos figent certes les mouvements, mais font aussi resurgir les émotions. Pour mieux en sentir la substance, les deux complices ont fabriqué leur prototype de travail, collant page à page, décollant, recollant, étoffant ainsi un volume qui tient d’un épais accordéon. Le Golem, Ménagerie, 4’30”, Les abattoirs fantaisie, Les heures florissantes, Moon dogs, Coppélia, une fiancée aux yeux d’émail, Les Suprêmes, Bref séjour chez les vivants, Un rendez-vous en Afrique, El Din… Ils ont fait le compte de ce qu’ils avaient presque oublier chemin faisant: “une dizaine de créations, près de 400 représentations en 200 lieux”.

El Din Compagnie Hervé Koubi 2© S.Marchou

Pour les deux danseurs, il ne s’agit pas pour autant de commémorer une histoire passée, mais bien d’aller toujours de l’avant, de poursuivre sur cette “trace” qui saisit le vivant. Et même si ce regard jeté dans le rétroviseur peut engendrer une légitime fierté, pour Hervé Koubi, il force plus à l’humilité. “Ça me pousse plus à voir le chemin à parcourir que celui déjà parcouru. Et puis, 10 ans, ce n’est pas si long! Quelquefois, on subit tellement de déceptions qu’on jetterait tout. Mais on continue, pour un regard, une émotion…” Le chorégraphe reste fidèle à tous ces moments: Hervé Koubi à l'école Thérèse Simonet. Photo archives“Je n’ai jamais travaillé à la commande, mais à l’inspiration. J’y ai toujours mis mes tripes, parfois maladroitement, mais toujours avec sincérité. Peut-être que dans deux ans, j’arrêterai, qui sait?”

Les deux danseurs parachèvent leur livre qui paraîtra au printemps. Il sera tiré à 1.500 exemplaires et présenté officiellement au moment de Danse en mai. “C’est un ouvrage qui sera référencé au niveau national et que l’on pourra se procurer en librairies comme sur les sites marchands.”Ils n’ont pas encore arrêté le prix de l’ouvrage. “Ça va nous coûter, on le sait, car notre but n’est pas de faire des recettes qui seront de toutes façons reversées pour la distribution, mais de valoriser la danse, c’est d’ailleurs pour cela que nous avons reçu une subvention régionale.” Pour l’heure, la compagnie revisite Le Golem, sa première création sur le thème de cet automate d’argile, sorte d’être inachevé, l’ébauche qui précède la création. Tout un symbole!

En prime, ne boudons pas le plaisir de vous faire découvrir, si vous ne la connaissiez déjà, une vidéo réalisée par Pierre Magnol sur la cie Koubi et les danseurs algériens d’El Din. Superbe!

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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