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CHRS : des vies brisées à reconstruire

Visite du CHRS Bernard Patier

Pas de plaque ostensible. Juste une sobre inscription gravée « CHRS Bernard Patier ». La maison de la rue Gabriel Malès est semblable aux autres, discrète, comme le travail qui y est effectué. L’essentiel reste invisible. Dans ce Centre d’hébergement et de réinsertion sociale, on reconstruit des vies brisées, petit à petit, patiemment, inlassablement. Et ce depuis 1987. Un centre peu connu que le sous-préfet de Brive a visité avec Michel Da Cunha, maire-adjoint chargé du CCAS qui gère cette structure financée en grande partie par l’Etat.

La directrice Jacqueline Caumon epxlique au sous-préfet Francis Soutric le fonctionnement du CHRS Bernard Patier« Ici, nous disposons de 13 places en chambres individuelles, mais nous gérons aussi trois appartements éclatés« , commente la directrice Jacqueline Caumon. « Nous ne sommes pas une structure d’urgence, comme le CHRS Le Roc situé sur le boulevard amiral Grivel, mais bien d’insertion sociale. » Les lieux sont accueillants, discrets et près du centre-ville. Ici, les résidents peuvent essayer de reprendre pied, accompagnés par des éducateurs.

Nicolas Daval, l'un des éducateurs travaillant au CHRS« Nous avons des personnes originaires ou non de la région, de tous les âges, de 18 à 60 ans, des hommes et des femmes seules, des familles monoparentales, des couples, des jeunes… » Pas de profil type, si ce n’est des mêmes vies ballottées qui finissent par « échouer » en ces lieux. La maison Patier se veut un havre salutaire. « Les personnes restent en moyenne trois mois, d’autres plus longtemps, certains ont un travail et même un CDI, mais ont peur du passage au logement individuel », détaille Jacqueline Caumon.

Michel Da Cunha, maire-adjoint chargé du CCAS« La vraie difficulté est de leur donner envie d’être autonome, d’avoir un projet de vie« , ajoute Michel Da Cunha, maire adjoint chargé du CCAS. Les résidents sont d’ailleurs là dans le cadre d’un contrat élaboré conjointement. « Ils reversent aussi 20% de leur revenu, si minime soit-il », précise la directrice. Une façon d’impliquer les personnes accueillies. L’établissement est financé par l’Etat mais géré par le CCAS qui assume également le loyer d’un appartement ainsi qu’un demi-poste de secrétariat.

« La difficulté de ces personnes accueillies est dans le lien avec elles-mêmes. Il n’y a pas de désociabilisation volontaire », témoigne l’un des éducateurs, Nicolas Daval. « Beaucoup ont une image très dégradée d’eux-mêmes et c’est en fait eux-mêmes qu’ils rejettent. Notre rôle est de les aider à retrouver une estime de soi pour qu’ils puissent rebondir et être acteur de leur vie. »

Dans une des salles communes(Re)donner du sens au quotidien, telle est la mission délicate de ces éducateurs. Il faut gagner la confiance, écouter, redonner toute sa valeur à la parole, comprendre, partager et bien au-delà orienter, accompagner dans les démarches… bref, réinsérer. Un travail évidemment oscillant entre des hauts et des bas, loin de tous critères de « réussite » et où les maigres « progrès » peuvent être souvent remis en cause.

Et comme dans toute structure collective, la vie des résidents y est rythmée par des repères, comme les repas pris en commun, le midi sur place, livrés par la cuisine centrale et le soir, pris avec les personnes âgées du Chapeau rouge, avec lesquelles les résidents passent aussi leur Noël. Une façon là encore de créer du lien.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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