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Chantés, joués ou déclamés, les mots vont se mélanger à Concèze

Lancement du festival de Concèze hier à Brive“C’est rare de pouvoir voir autant d’artistes, chanteurs, poètes et comédiens, en si peu de temps.” Force est de reconnaître que, en six soirées, le festival Dec’Ouvrir, fondé et dirigé par le jeune poète Matthias Vincenot, propose une affiche dense et, qui plus est, de grande qualité. C’est dans le petit village de Concèze que se dérouleront, à partir de ce soir 20h30, quelques veillées autour des mots. Et c’est gratuit!

Matthias VincenotLe festival Dec’Ouvrir de Concèze, huitième édition, débute ce soir. La salle des fêtes du village va, comme tous les ans, accueillir nombre d’artistes de la chanson, de la poésie et de la comédie. Des connus et des moins connus. Des jeunes et des moins jeunes. “Je tiens vraiment à ce mélange entre les genres et les générations”, explique le poète et fondateur du festival Matthias Vincenot. “La variété des propositions au public permet à chacun de faire des découvertes. Ceux qui viennent pour tel artiste en découvriront forcément d’autres. Et je sais que des spectateurs ont déjà découvert des artistes à Concèze puis les ont suivis fidèlement dans leur carrière. Jusqu’à parfois se déplacer loin pour assister à leurs prestations.”

Emilie MarshEntre ce soir et mardi, les soirées gratuites vont accueillir quelques noms connus, généralement d’artistes faisant leur petit bonhomme de chemin en dehors des voies balisées du show business. Citons, pour les plus célèbres, Isabelle Mayereau ce soir, Bernard Sauvat vendredi, Jean-Pierre Réginal samedi, Jean-Pierre Kalfon dimanche, Marc Havet lundi ou François Corbier mardi. Cette dernière soirée permettra aussi aux spectateurs de se régaler des textes de Prévert interprétés par Vanina Michel, connue pour avoir été la vedette féminine de la comédie musicale Hair en 1969 aux côtés de Julien Clerc. Mais la vedette du cru 2010 sera incontestablement la comédienne Marie-Christine Barrault, présente à Concèze lundi pour une lecture poétique mêlée de musique et de chansons avec la complicité de Pierre Fesquet.

Côté jeunes talents, là encore, l’affiche est superbe. D’Emilie Marsh à Pierre Souchon en passant par Marie Espinosa ou Mateo. La liste est non exhaustive, car Dec’Ouvrir porte bien son nom et réserve souvent de très belles découvertes au public. Matthias Vincenot, très au fait de l’actualité musicale et artistique, a le don de savoir repérer les talents dès leur éclosion. Et aussi de valoriser des artistes parfois injustement “oubliés”.

Les intervenants: Sylvie Neve, Max Alhau, Jean-Pierre Reginal, Marie Espinosa, Bernard Sauvat, Isabelle Mayereau et, de dos, Matthias Vincenot

Avant sa véritable ouverture de ce soir, avait lieu, hier, à la médiathèque de Brive, le lancement du festival. Au cours d’une intéressante rencontre autour de l’écriture et de l’interprétation, la cinquantaine de personnes présentes ont pu apprécier les confidences de poètes et de chanteurs sur l’acte créatif.

Isabelle Mayereau“Une chanson peut être écrite en 5 minutes comme en 5 mois”, a expliqué Isabelle Mayereau. A ses côtés, Bernard Sauvat acquiesce. Lui dit avoir écrit “pour avoir quelqu’un à qui parler” après le choc que fut la cérémonie de mariage où celle qu’il devait épouser “n’est jamais venue”. Une écriture exutoire, un peu comme pour Marie Espinosa: “Je crache les mots à la plume sur 6 ou 8 pages. C’est un jet violent! J’écris vite et mal tellement c’est rapide. Après, je crée mes chansons à partir de ça, en surlignant les vers les plus intéressants puis en réorganisant le tout.”

Bernard Sauvat et Marie EspinosaLa poète Sylvie Nève voit les mots sous un autre angle. Pour elle, la sonorité est primordiale. “Le mot “Gazaoui” m’a touchée. Je l’ai trouvé beau à l’oreille. Il m’a poussé à m’intéresser aux habitants de Gaza et à écrire sur eux.” Jean-Pierre Réginal a lui aussi un rapport aux mots et à la chanson étonnant: “Un texte de chanson n’est fini qu’après avoir été rodé au contact du public. Je n’écris pas sans penser à lui. Il fait partie de moi. J’ai deux bras, deux jambes et un public.”

Discussion passionnante autour des mots et de la manière de les vivre, de les aborder, de les coucher sur le papier. Ou de les interpréter: “Certains pensent que ce n’est pas forcément bien qu’un poète lise ses propres textes. Pourtant, même s’il n’est pas toujours un bon interprète, le poète lira toujours son texte avec le rythme de lecture tel qu’il l’a pensé en écrivant. C’est formidablement intéressant!”, s’enthousiasme Matthias Vincenot.

Les spectateurs de Concèze auront tout le loisir de vérifier ça entre ce soir et mardi puisque, entre les prestations chantées, nombre de poètes déclameront leurs textes. On a hâte que ça commence. Le programme complet, c’est ici.

Lancement du festival de Concèze hier à Brive

Olivier SOULIÉ

Olivier SOULIÉ

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