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Centenaire du CAB : Jean Salesse en première ligne

Jean Salesse ne rechaussera probablement pas les crampons samedi pour donner le coup d’envoi du  match du centenaire, mais l’émotion sera à fleur de peau chez cet éternel dandy de 90 printemps.Jean Salesse ne court pas après les honneurs, mais, quand on lui a demandé s’il était disponible pour donner symboliquement le coup d’envoi du match du centenaire face à Bourgoin, il n’a pas hésité. “Je suis fier d’avoir été sollicité, d’autant que je suis presque aussi âgé que le club”, dit-il sans rire. Jean Salesse a fait un bout de route avec le CAB dans la période 1937-1938, puis, après un crochet par Tulle, il est revenu à Brive pour un bail un peu plus prononcé de 1942 à 1948.

Jean Salesse, un joueur fantasque, vif, rapide avec, à son crédit, une pointe de vitesse redoutable: “Je faisais 10″6”’ au cent mètres, j’étais parmi les meilleurs sprinters du pays, proche du temps de Valmy, le champion de France “, se souvient-il encore. Jean Salesse ouvre alors la boite aux souvenirs, et ceux-ci sont en noir et blanc. Le nonagénaire auquel on donnerait quinze ans de moins brandit ces clichés comme des preuves sur sa carrière de sprinter. Des performances sur les pistes d’athlétisme, mais aussi un peu plus tard quelques beaux débordements qui feront de lui l’un des ailiers les plus rapides du championnat. Une carrière qui débutera à Larche à 17 ans. ”J’ai fait trois matchs avec les juniors de Larche. Des dirigeants du CAB m’ont repéré et je suis venu jouer à Brive. Mon ascension a été rapide”, admet ce passionné de sport.

Sans transition, Jean Salesse passera de l’équipe junior de Larche à l’équipe première du CAB. Durant deux saisons, celles de 1937 et 1938, il sera de toutes les aventures avant de rejoindre le Sporting club de Tulle pour raisons professionnelles. Un bref exil de trois saisons avant de revenir à Brive, d’une part pour y exercer son métier d’enseignant à Cabanis, et d’autre part pour jouer à nouveau au rugby avec le CAB. Ailier ou arrière, peu importe, “Jeannot” est à l’aise partout. Sa pointe de vitesse est son arme fatale, et, en plus, il est doté d’un pied agile. “A Tulle ou à Brive, j’étais le buteur”, confie Jean Salesse tout en continuant de piocher dans l’attaché case où sont stockées ses images: des photos de ses coéquipiers dont la plupart sont aujourd’hui disparus. Ces copains sont partis, mais Jean ne les a pas oubliés. Il met un prénom sur chacun des visages lors de cette séquence nostalgie.

“J’ai une chance incroyable d’être encore dans cet état, j’espère que ça va durer, mais là je ne maîtrise rien”, confie-t-il. Jean Salesse est un sportif accompli: de l’athlétisme dans sa prime jeunesse, du rugby puis après encore du sport. ”J’ai joué jusqu’à 82 ans au tennis,  j’étais classé 30, mais le toubib m’a dit de freiner un peu, alors j’ai arrêté. Aujourd’hui, je ne fais plus que du vélo pour faire mes courses”, ajoute encore l’ancien arrière du XV briviste.

Une vie bien remplie, sans temps mort, jalonnée par le sport mais aussi par une autre passion: celle des chiens, avec une race de prédilection, les pointers. Jean Salesse, du haut de ses 90 ans, n’en demeure pas moins un homme pressé. Alors, pour ne pas perdre de temps, il se plaît à utiliser son scooter tendance seventies. La vie est belle à 90 piges.

Jean René LAVERGNE

Jean René LAVERGNE

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