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Ce Temps présent qui interroge

Quel bonheur que ce cycle de rencontres qui sous l’intitulé Temps présent permet au fil des trois jours de la Foire du livre de prendre de la hauteur avec le brouhaha médiatique incessant pour réfléchir posément sur les événements qui agitent le monde. Cette année: la guerre. Celle bien sûr qui frappe à notre porte, mais aussi au-delà de l’Ukraine, tous ces nouveaux visages de conflits et les menaces qu’ils sous-tendent.

On ne peut tenter d’appréhender le présent qu’avec l’éclairage du passé. C’est ce que proposent la Foire du livre de Brive et Le 1 hebdo avec ce nouveau cycle de quatre rencontres. Après être parti déjà l’an dernier à l’Est avec les conséquences la chute du mur de Berlin, le partenariat met en avant pour cette édition anniversaire la guerre. Le sujet est évidemment brûlant. Nous n’imaginions pas il y a un an qu’une guerre happerait à nouveau le vieux continent. “Après apocalypse de la deuxième Guerre mondiale, c’était le plus jamais ça.”

Le thème a été ouvert hier vendredi par le cofondateur du média Éric Fottorino avec Michel Foucher sur “Les nouveaux visages de la guerre”. “Notre système de relations pacifiées entre nations souvent rivales est passé par un travail de réconciliation incluant des procès, une analyse critique qui n’a jamais eu lieu en Russie”, explique celui qui a été directeur du Conseil d’analyses prospectives du Quai d’Orsay.

Comme cette guerre qui nous est proche, “il y a une vingtaine de conflits aujourd’hui à travers le monde avec des enjeux de pouvoirs, de frontières, d’accès aux ressources ou d’idéologies”, recense le spécialiste qui a éclairci pour le public la complexité du sujet. Tout comme l’a fait ce samedi matin sur le volet de la menace nucléaire l’un, pour ne pas dire le spécialiste français en sécurité internationale, Benjamin Hautecouture. “On a le sentiment d’un retour dans le débat public, mais pour le praticien de la dissuasion nucléaire, elle a toujours été l’assurance vie d’un pays, notamment comme la France”, a rappelé le fondateur du Consortium de l’Union européenne sur la non-prolifération et le désarmement.”

C’est le mérite de ce cycle de rencontres, toujours très suivies, nous extrayant du bruit incessant de l’actualité qui emboitent images et faits, pour nous permettre de prendre de la hauteur sur un quotidien subi, avoir un regard plus éclairé sur le monde qui nous entoure et en approcher toute la complexité. Une analyse posée, dans une écoute attentive. Et ça fait du bien.

Deux autres rencontres sont prévues:

  • “La guerre que l’on ne voit pas venir”, avec la diplomate et députée européenne Nathalie Loiseau, auteur de l’ouvrage du même nom, ce samedi à 16h à l’audtorium Francis Poulenc rue Massenat
  • “Guerres africaines” avec Vincent Hugeux (Tyrans d’Afrique, Perrin), Scholastique Mukasonga (Sister Deborah, Gallimard) et Michel Blancher, président de l’association Brive-Sikasso, demain dimanche à 14h30, également à l’auditorium Francis Poulenc.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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