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Brive, première ville libérée. C’était il y a 66 ans

Dépôt de gerbes, place du 15 aôut avec Philippe Nauche, député-maire, Patricia Bordas, vice présidente du Conseil régional, représentant Jean-Paul Denanot, président de la Région, ainsi que de nombreuses personnalités et élus.

Il y a tout juste 66 ans, la Marseillaise résonnait dans le centre de Brive, sur la place du 15 août. Dans l’enthousiasme général, les Brivistes fêtaient alors leur ville. Libre. Sur les coups de 11h ce matin, sur cette même place autour de laquelle de très nombreuses personnes s’étaient rassemblées, ce même hymne a été joué par l’Harmonie Sainte-Cécile, en souvenir de ce moment particulier et unique qu’a vécu Brive: première ville de France à s’être libérée par ses propres moyens. De stèle en stèle, personnalités, porte-drapeaux et familles ont rendu hommage à “ces hommes et femmes qui se sont dressés pour relever la bannière de la République et faire triompher ses idéaux”, a déclaré le député-maire Philippe Nauche.

Stèle Guedin-Vaujour

Le clairon de l’Harmonie Sainte-Cécile a retenti en divers lieux de la ville ce matin pour commémorer l’anniversaire d’un événement historique: la libération de la Ville, intervenue le 15 août 1944, à l’issue d’une longue journée de négociations qui se sont soldées par la reddition sans condition de la garnison allemande et de ce fait, la victoire de la justice et des droits de l’homme. Un moment de fierté et de bonheur pour les habitants, une lueur d’espoir pour le pays, encore sous le joug de l’occupant nazi. Ces négociations se sont déroulées entre le lieutenant colonel Böhmer, commandant des garnisons allemandes de Tulle et Brive, et l’Armée secrète, par l’entremise du sous-préfet de Brive, Pierre Chaussade. A la fin d’une journée de tractations et de tergiversations, un rendez-vous a été pris à 20h, au château de la Grande Borie. C’est ici qu’à 21h, la convention générale est signée et qu’est décrétée la fin des combats, une heure plus tard. Dès lors, la ville de Brive est enfin libre!

Ce matin, le premier rassemblement s’est déroulé sur le côté d’Arsonval, devant la stèle du docteur François Labrousse. Sénateur de la Corrèze, il fait aussi partie des “quatre-vingts parlementaires” à avoir voter contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. La cérémonie s’est poursuivie en 6 autres lieux de la ville: les stèles Guédin-Vaujour devant l’espace des Trois provinces, du hall de la gare, Edmond Michelet place de la liberté, Cariven au pont Cardinal, place du 15 août et devant la plaque Farro.

Plaque du Lieutenant Colonel Farro“C’est beaucoup d’émotions et de fierté pour moi chaque année”, avoue Jean Farro, le fils du lieutenant-colonel, présent ce matin devant la plaque installée au bas de la rue qui porte le nom de son père. “Au-delà du militaire, mon père a été un résistant, un homme courageux. Il a donné sa vie pour un idéal. Je ne l’ai pas connu puisqu’il a été arrêté en haut de la rue, alors que ma mère était encore enceinte. Mais, j’ai une grande admiration pour lui”, confie-t-il. “A toutes les époques, il est important d’avoir un idéal et de se battre pour lui”.

le cortége rue CarnotLe cortège, de plus en plus nombreux au fil des stèles, s’est retrouvé en masse devant l’hôtel de ville et s’est mis en route en direction de la place du 15 août. Au centre de celle-ci un simple caillou érigé le 15 août 1945 et emprunté au Cromlech du Puy de Pauliac rappelle qu’en ce 15 août 1944, l’histoire de notre cité a rejoint celle de la France. Un lieu symbolique puisqu’il est situé face au lycée d’Arsonval, à l’époque baptisé Cabanis, où l’occupant avait trouvé opportun d’installer son quartier général du fait des lits et de la cantine déjà aménagés dans l’établissement. Dernier lieu de la cérémonie, la place du 15 août a rassemblé une grande foule. Autorités civiles et militaires sont venues déposer des gerbes, en présence du 126e RI, du corps départemental des sapeurs pompiers et des portes-drapeaux. Un membre du Conseil municipal des jeunes est aussi venu faire la lecture du message de la résistance. La cérémonie, ouverte au son du Chant des partisans, s’est refermée sur la Marseillaise, jouée par l’Harmonie Sainte-Cécile.

le public découvre l'ordre de reddition

“Il me semble tout simplement fondamental de méditer les engagements de ces hommes qui se sont battus pour la liberté afin de ne pas être, dans un futur plus ou moins lointain, amené à revivre de si tragiques événements”, a terminé le maire Philippe Nauche. Une méditation qu’il a été possible de faire de visu grâce à l’acte de reddition original que le maire a tenu en ce jour à faire exposer dans la cour de la mairie. Un appel pour bien voir, pour garder les yeux ouverts sur la réalité d’un passé dont les actes héroïques des combattants conditionnent la liberté qui nous est aujourd’hui donnée de vivre.

Harmonie St cécile interprète le chant des partisans

Stèle docteur Labrousse

Hall de gare

Chateau de la grande Borie

lecture par un membre du CMJ

Les porte-drapeauxDeux maquisards presentant le drapeau nazi décroché au collége Cabanis

Ordre de reddition présenté par Philippe Nauche

Stèle Cariven

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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