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Brive Festival bât tous les records

Patrick Bruel a conclu hier soir Brive Festival. Un final en apothéose pour une édition qui bat tous les records: 36.000 entrées en 4 soirées exceptionnelles. Côté “in”, le tsunami populaire annoncé a bien eu lieu. Côté “off”, la sauce commence à prendre. Retour sur l’événement estival.

 

Festival de Brive, tu seras ma référence. Merci du fond du cœur pour cette soirée de dingue, votre générosité, votre sensibilité.” Patrick Bruel était à l’évidence sous le charme de ce festival qu’il a découvert hier pour la première fois. “J’étais venu juste à côté, à Objat, en 1985, faire la première partie de Patrick Sébastien”, se remémore-t-il avec humour en scrutant la fosse. “C’est vraiment éblouissant vu de la scène.” Tassé dans l’arène ensablée, les festivaliers exultent. J’te l’dis quand même, Qui a le droit, Alors regarde, Place des grands hommes, Marre de cette nana-là… L’artiste enchaine les titres comme un marathon, le public jubile, saute, danse, valse sur demande, écoute religieusement, rend hommage à Johnny, aux héros et victimes, fredonne la Marseillaise, s’enflamme à nouveau, chante à tue tête, vibre à l’unisson jusqu’à l’ultime Casser la voix. Plus de deux heures de show.

Au final, un public ravi d’avoir partagé “un moment magique”. À l’instar des soirs précédents. Il faut dire qu’avec Soprano, -M-, Aya Nakamura, Maître Gims et Patrick Bruel, Brive festival a attiré les cinq plus grosses tournées françaises du moment. “L’important c’est de rassembler les gens”, avait lancé Soprano vendredi pour la première des 4 soirées. Et de “passer une soirée magique”, ajoutait-il plus tard. Et elle le fut aussi pour le rappeur qui détonne toujours autant, avec son accent marseillais et son style distingué: une mise en scène léchée dans un décor futuriste de portes métalliques, de phœnix s’embrasant. L’art accompli de mettre le feu en transformant ses mots en maux. Voilà l’été avaient attaqué juste avant lui Les Négresses vertes qui ont fait chavirer jeunes et moins jeunes avec leurs refrains teintés de soleil et de Méditerranée.

“Vous êtes encore mieux que dans mes souvenirs“, glissait Clara Luciani venue remplacer samedi au pied-levé Thérapie Taxi forfait. La pop-rockeuse féministe et frondeuse a envouté le public par sa grâce et ses propos intimistes aux échos sociétaux servis par une belle énergie musicale. Des moments complices aussi lorsque, pour sa chanson Eddy, elle invite sur scène un étonnant Édouard glané dans le public qui lui a donné du répondant. Grande connexion aussi avec un Matthieu Chedid venu pour la troisième fois au Festival, mais la première solo. Avec son “grand petit concert”, M a emporté le public dans sa 3e dimension poétique, survolé les meilleurs morceaux de ses 20 ans de scène, joué de ses habits de lumière, guitares, coiffes ou lunettes. “On est tous artistes, on a l’âme d’enfant et je vous invite à en faire de même.” Le chanteur goute le plaisir de l’instant, offrant à ses fans un show au delà de toutes espérances. On le croit sur scène, le voilà juché dans une loge au piano, puis fendant la foule de sa guitare. Je dis aime, Qui de nous deux, Mama Sam, Machistator… Jusqu’à faire danser sur scène l’équipe organisatrice. M comme Magie.

Dimanche soir, la reine de la soirée fut incontestablement Aya Nakamura, short au ras des fesses et déhanché provoc de ses formes généreuses – “Faites un un maximum de bordel pour vous Brive“, provoquait-elle ses jeunes fans qui n’avaient pas hésité à faire la queue de puis 11h du matin devant les grilles. Son Comportement, elle l’assume, bien dans sa féminité, racontant joies et déboires à travers ses titres jusqu’à son fameux Djadja, gardé pour la fin comme un précieux salut. Du cash plein d’énergie et la reine s’est vite envolée. Le groupe Kassav, avec ses 40 ans d’expérience et toujours plein d’énergie, a relevé le défi de continuer sur la lancée en faisant zouker la Guierle, 14 ans après son premier passage. Au Maître (Gims) de parachever la soirée, entonnant d’emblée son Sapé comme jamais, sautant sur sa version de La casa del Papel, exhortant “Ce soir, on retourne Brive”. Une belle ambiance festivalière.

“C’est carton plein partout”, résume Stéphane Canarias, directeur de Festival production qui présentait déjà jeudi soir un beau succès. “On a atteint les 36.000 entrées”, confirme-t-il. La fréquentation de l’an dernier (32.000 entrées également en 4 jours) est largement dépassée. Il faut dire que la jauge avait été poussée cette année à 9.000 personnes par soirée et l’on sentait bien cette densité dans la fosse.

“La vraie question, c’est comment faire mieux l’année prochaine…”, s’interroge le directeur. Le maire Frédéric Soulier a évoqué une réflexion en cours sur une “nouvelle configuration”. “L’idée n’est pas forcément d’augmenter encore la jauge mais de travailler sur la qualité d’accueil et la scénographie. Il faut garder l’identité de la scène: au point loin on n’est qu’à 50m de l’artiste, c’est ça Brive festival. On réfléchit plutôt sur davantage de chaises de repos, d’écrans géants, un espace enfants, des animations et jeux, des points de recharge pour téléphones… peut-être aussi si l’espace est plus vaste, d’autres scènes pour faire baisser la densité de la fosse… mais ce ne sont pour l’instant que des idées.” Stéphane Canarias est surtout heureux de voir le Festival diffuser au-delà des murs avec un Off tous les après-midi. “On a réussi à animer la ville.” Concerts, bal pour enfants, dégustation d’huitres, petits concerts par ci par là avec les cafés partenaires… le Off a séduit son public et laissé son empreinte. Brive festival 2019, c’est déjà fini. Dans quelques jours il n’y en aura plus traces sur la Guierle, mais la prochaine édition est en marche et les premiers noms devraient tomber en novembre.

 

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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