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A Rollinat, parents et professeurs entre colère et incompréhension

Opération "collège mort" à Rollinat

L’opération “collège mort”, hier à Rollinat, a été très suivie. Six élèves seulement se sont présentés aux portes de l’établissement et 96% des professeurs ont débrayé. L’objet de la contestation: la suppression probable d’une classe, d’un poste d’enseignant et de 50 heures d’enseignement par semaine, conséquence d’une chute d’effectif de 14 élèves selon le rectorat. Pour les contestataires, les effectifs devraient pourtant plutôt être stables, voire en légère augmentation. Entre colère et incompréhension, la contestation s’organise.

Opération "collège mort" à Rollinat, avec ici Jean-Marc Bican répondant aux journalistes“On refuse qu’on hypothèque l’avenir de nos enfants sous prétexte de renflouer les caisses de l’Etat!” Jean-Marc Bican, représentant FCPE des parents d’élèves du collège Rollinat, n’en revient toujours pas: “Supprimer 50 heures d’enseignement par semaine, a fortiori en Zone d’éducation prioritaire, là, franchement, on ne comprend pas… Jusque là, d’année en année, on avait des petites baisses, mais là, c’est carrément la chute libre!

Tout en disant “respecter le travail du principal de l’établissement à qui l’on demande de répartir la misère comme il peut”, le représentant de la FCPE a voté contre cette répartition des moyens hier soir au conseil d’administration du collège. Les professeurs ont fait de même.

Opération "collège mort" à Rollinat, avec ici Nicolas Maury, représentant du personnel enseignant“Un exemple concret de la décision du rectorat: à la rentrée prochaine, il n’est prévu qu’une heure de soutien pour les 6e en difficulté contre 2 heures cette année“, détaille Nicolas Maury, professeur et représentant du personnel. “Et, pour les cours nécessitant des groupes restreints, par exemple pour l’enseignement des sciences ou des langues, là aussi, ça ne sera plus possible et ça se fera en classe entière. Cette fois-ci, il n’y aura pas, comme lors des années précédentes, des cache-misères pour faire passer la pilule de la chute des moyens. Dès la rentrée prochaine, ces suppressions aboutiront concrètement à moins de professeurs face aux élèves! C’est sans doute ce qui explique le soutien important des parents d’élèves. Ils savent que leurs enfants vont pâtir de cette décision.”

Opération "collège mort" à Rollinat. On voit ici Patricia Bordas, Philippe Nauche et Jean-Claude Chauvignat, qui soutiennent les parents d'élèves et les professeurs

L’une des raisons de l’incompréhension vient de la différence des prévisions des uns et des autres en terme d’effectif. Là où le rectorat prévoit 14 élèves en moins à Rollinat, les professeurs misent sur 4 élèves en plus. Soutenus par le député-maire Philippe Nauche (qui prévoit et regrette déjà que “d’autres établissements de Brive devraient faire face au même type de difficultés, y compris bientôt en primaire”), le premier adjoint Patricia Bordas et le conseiller général Jean-Claude Chauvignat, tous sur place hier, professeurs comme parents d’élèves réfléchissent actuellement à de nouvelles actions et devraient déjà prendre part à la journée de manifestation nationale dans l’Education nationale le 19 mars prochain.

Opération "collège mort" à Rollinat

Olivier SOULIÉ

Olivier SOULIÉ

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