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A la grotte Bouyssonie, ils fouillent la préhistoire de Brive

Malgré la pluie, les recherches continuent grâce à la strucure autoportée installée avant le début de la campagne de fouilles de l'été 2010

La grotte Bouyssonie, site préhistorique majeur situé à l’ouest de Brive, se retrouve à nouveau plongée dans sa douce torpeur. Durant tout le mois de juillet, l’équipe de chercheurs de l’archéologue Damien Pesesse a fait régner une effervescence concentrée et rigoureuse. Grâce à leur travail, la grotte livre, été après été, ses secrets. Hier soir, Damien Pesesse a dévoilé l’étendue de leurs avancées. “C’est difficile de résumer un mois de fouilles. Il s’est passé beaucoup de choses et les avancées sont progressives: on comprend de mieux en mieux le gisement“, avance-t-il. Une 4e campagne de fouilles est d’ores et déjà prévue pour l’été prochain.

Damien Pesesse explique au maire Philippe Nauche, à Patricia Bordas 1ère adjointe, Francis Soutric, sous-préfet et de nombreux élus l'avancée des recherchesLa pluie tombait drue hier soir à 18h. Pourtant, les chercheurs étaient toujours à leur poste, recroquevillés près des entailles creusées dans le sol et occupés à fouiller, scruter, gratter, épousseter la terre. Un objectif: inciter la grotte à livrer ses trésors pour comprendre les caractéristiques et l’historique des différentes occupations humaines il y a des dizaines de milliers d’années mais aussi les modes de vie des nombreuses cultures qui se sont succédées.

Si l’activité des chercheurs continue malgré l’averse, c’est qu’une structure autoportée, récemment réalisée par la direction des bâtiments communaux, a été installée au-dessus du site. L’opération dont le coût s’est élevé à 80.000 euros témoigne de l’importance accordée par la Ville à la préservation du lieu. Les recherches qui se sont déroulées sur le site, désormais protégé des intempéries climatiques, ont donc pu filer bon train durant le mois de juillet. “Sur les quatre semaines de fouilles, on en a gagné une”, confirme Damien Pesesse, très reconnaissant. “Le mauvais temps n’a pas stoppé nos travaux cet été et nous n’avons pas eu besoin de bâcher chaque soir en prévision d’une averse. Ça nous a fait gagner un temps précieux”.

Fouille toujours“L’attention que nous portons à ce site est à l’image de ce que nous souhaitons à notre patrimoine: la conservation, le protection, l’étude et la mise en valeur. Et nous poursuivrons en ce sens”, annonce le maire Philippe Nauche présent hier sur le site avec de nombreux élus dont Patricia Bordas 1er adjoint et Francis Soutric, sous-préfet.

Cette troisième campagne de fouilles a permis à l’équipe de se faire une idée plus précise encore de la physionomie de la cavité. “De nouvelles surfaces ont été ouvertes, notamment deux coupes frontales qui ont permis d’analyser l’évolution du remplissage sédimentaire du site”. Damien est confiant. Il est déjà pleinement satisfait des avancées de cet été et il attend avec beaucoup d’impatience 2011 pour poursuivre des fouilles qui lui permettront d’entrer pleinement dans sa thématique de recherche qui correspond à un niveau archéologique très ancien: le paléolithique supérieur.

Pour l’heure, la récolte de cet été s’est révélée fructueuse avec des dizaines et des dizaines de silex exhumés mais aussi des charbons et une structure de combustion des foyers qui a permis aux archéologues d’approfondir la connaissance de l’activité humaine et du mode de vie d’alors. Ils ont également pu compléter la succession des âges et des cultures présents sur le site. Leurs recherches ont confirmé l’étendue de l’occupation humaine dans cette grotte. “Depuis l’arrivée de Cro-Magnon, il y a eu très peu de hiatus en terme d’occupation de cette grotte fermée qui ne s’est partiellement effondrée que vers -15.000”, précise Damien Pesesse, docteur en préhistoire. Et c’est bien cette étendue qui coure sur des dizaines de milliers d’années, de 32.000 à 5.000 avant Jésus Christ précisément, qui rend ce site exceptionnel et unique dans la région.

Un site qui n’a pas encore fini de dire tout ce qu’il a à dire, loin s’en faut. Dès l’été prochain, Damien Pesesse et une équipe d’archéologues le rejoindront de nouveau et avec patience et détermination poursuivront leur descente minutieuse, centimètre par centimètre, pour avancer bribes par bribes et silex par silex dans la connaissance d’une période, d’un âge, d’une culture, de l’homme.

35.000 après, c'est toujours la même posture, le regard loin devant

Le mois de fouilles a laissé des traces. La fatigue commence à se faire sentir

Mascotte de la campagne de fouilles 2010

silex tamisé

Bouyssonie 2010

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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