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2019 : une orientation budgétaire “prudentielle”

Comme chaque année, le mois de février apporte avec lui son Débat d’orientations budgétaires (DOB). Il sera au centre du conseil municipal de ce soir. En la matière, l’heure reste à la prudence, expliquait ce matin en conférence de presse le maire de Brive Frédéric Soulier qui défend une gestion financière faite “de rigueur et d’initiatives”. Depuis 2014, 7,6 millions d’euros d’économie ont été réalisées. Elles ouvrent cette année la voie à un programme d’investissement calibré à 47.147 millions d’euros. Mais ces perspectives d’économie ne sont pas éternelles. “On approche des limites”, a même prévenu le maire.

“Le Débat d’orientations budgétaires s’inscrit dans un contexte national”, a posé en préambule Frédéric Soulier, rappelant que la baisse des dotations de l’État s’élevait à 5,4 millions d’euros pour la Ville depuis 2014. “Brive contribue au redressement du pays”, a-t-il ajouté, en pointant la contractualisation avec l’État, signée le 30 juin 2018. “Ce dispositif prévoit de plafonner les dépenses de fonctionnement à 1,14% et de maîtriser l’endettement à 95,8 millions d’euros.” Dans le cadre de ce contrat, l’État accompagne la Ville dans sa politique d’investissement au travers d’un soutien financier d’un million d’euros.
Puis il y a la suppression de la taxe d’habitation d’ici 2020 qui représentait en 2018 une recette de 12,5 millions d’euros pour la Ville. “En 2018, le dégrèvement a touché 14.596 ménages soit un produit fiscal de 2.382 437 euros qui a été compensé par l’État comme il s’y était engagé.” Cette réforme se poursuivra en 2019 avec un dégrèvement de 65% de la taxe d’habitation pour les ménages les plus modestes.

Au niveau local, la rigueur est maintenue. “La Ville se redresse peu à peu mais la Chambre régionale des comptes nous encourage à poursuivre l’effort. Nous sommes toujours dans le réseau d ‘alerte.”
Cet effort, quel est-il ? “Depuis le début de la mandature, nous avons réalisé 7.610 000 euros d’économie. On est passé d’un endettement de plus de 100 millions d’euros en 2015 à 95,611 millions d’euros aujourd’hui, soit une diminution de 4.752 millions d’euros. C’est une dette jeune qui ne se réduit pas aussi vite qu’on le souhaiterait.” La rigueur touche aussi la masse salariale avec une baisse équivalant à 3 millions d’euros.

“Ces efforts ne sont pas vains”, a pointé le maire. “Toutes les marges de manœuvre dégagées par ces économies sont intégralement basculées sur l’investissement calibré pour 2019 à 47,147 millions d’euros. Sur ce chiffre, 14,646 millions d’euros concernent des opérations nouvelles comme le plan voirie. Celui-ci représente 60 millions d’euros sur 10 ans, 6 millions d’euros par an. Il se concrétisera notamment par la réfection de 35 km de voirie et 17 km de trottoir.

Par ailleurs, pour 2019, trois mesures ont été actées afin de soutenir le pouvoir d’achat des Brivistes: la baisse du prix de l’eau, le gel des tarifs des équipements municipaux (piscine, patinoire, centres sociaux, cantines, garderies, conservatoire…) et la poursuite de la baisse du taux de la taxe sur le foncier bâti: un quart de point cette année. Cette baisse ne correspond pas pour autant à la baisse du taux de base, voté à la hausse par le Parlement. La baisse du taux communal est ainsi absorbée mais elle permet de rendre aux contribuables 71.000 euros.

“Pour 2019, on confirme le maintien de la baisse de 5% des dépenses de fonctionnement et 1% de la masse salariale sans toucher aux subventions faites aux associations qui s’élèvent à 2,8 millions d’euros.”

Enfin, le maire a rappelé à quel point derrière les chiffres, le Débat d’orientations budgétaires dessinait aussi les contours des orientations politiques. “Le DOB doit préparer la position de la Ville et de l’Agglo dans la grande Région. Ce n’est pas le club Med ! Au-delà de la coopération nécessaire entre les territoires, il se noue aussi une véritable compétition territoriale.”

In fine, Frédéric Soulier a pointé du doigt une problématique à laquelle il faudra bien s’atteler à moyen terme: “On ne révolutionne pas à coups de chiffres exorbitants. C’est le même petit marteau qui frappe sur le même petit clou.” D’autant que le montant des économies se réduit. “Cette année, on en produit encore et on en prévoit aussi pour l’an prochain”, mais viendra le moment où cette marge de manœuvre basée sur la rigueur se fera peau de chagrin. “Il y aura une limite et on s’en approche.”

Quelles solutions dans ce cas-là ? Repenser le service à la population, ajuster le prix du service rendu au public sur son coût réel et accentuer la différenciation des prix. “Les Brivistes ne pourront pas continuer à faire les efforts qu’ils font depuis 40 ans”, a assumé le maire et président d’Agglo, en poussant le débat jusqu’à poser les avantages de l’autonomie financière des collectivités.

Une fois les orientations budgétaires débattues ce soir en conseil municipal, le vote du budget 2019 sera lui voté lors de la séance suivante du conseil municipal, le 27 mars.

 

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

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