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Yasmina Khadra: "Il n'y a pas de noblesse dans la violence"

Le héros de son dernier roman Les anges meurent de nos blessures (Grasset) est boxeur, plus par obligation que par choix. Il cherche d’ailleurs plutôt l’amour que la victoire. Forcément, ça ne peut finir que mal. Pas du tout comme la rencontre de Yasmina Khadra avec son public.

Le roman qui semble s’ouvrir par la fin, évoque l’ascension d’un gamin des bidonvilles dans l’Algérie coloniale. Turambo “s’élève” grâce à la boxe mais son destin de mal-aimé le rattrape. Fan de boxe, Yasmina Khadra? “Pas du tout. La boxe pour moi, ce sont deux types qui se ratatinent la gueule devant des gens qui hurlent à la mort“, résume l’auteur, les yeux plus malicieux que jamais. On connait son côté enjôleur. “Je ne suis même pas allé à un match. Quand j’écris, j’essaie d’être un acteur, je me glisse dans la peau du personnage.”

“Je ne vois ce qu’il peut y avoir de noble dans la boxe…” Et d’enfoncer le clou: “Il n’y a pas de noblesse dans la violence”. L’écrivain mondialement connu dit préférer le foot “et encore quand l’Algérie gagne”. Les rires fusent. Justement, l’Algérie, il n’en est pas seulement question que dans le roman. L’ancien officier de l’ANP a annoncé il y a une  semaine qu’il était candidat à l’élection présidentielle algérienne de 2014 “pour lutter contre l’absurdité dans ce pays”. L’auteur esquisse un sourire, se repositionne légèrement sur son siège. “C’est ma façon à moi de dire “ça suffit” et je m’engage pour que les Algériens vivent normalement. J’ai une chance sur mille de réussir, mais c’est ma chance à moi.” Applaudissements soutenus dans le public. “La vocation essentielle d’un être humain est qu’il se doit d’être utile aux autres.” Un auteur presque en campagne, l’assemblée est à son comble. “Quand vous serez président, continuerez-vous à écrire”, demande une dame. “Ce sera difficile”. Sourire entendu. “Mais j’aurais l’occasion d’engager des nègres”, plaisante-t-il.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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