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Yannick Jaulin, à mourir de rire

Programmé par les Treize arches à l’occasion de l’ouverture de la Foire du livre, le conte-récit de Yannick Jaulin J’ai pas fermé l’œil de la nuit a fait salle comble hier soir au théâtre. Il a surtout fait beaucoup rire. Qui l’eût cru pour un spectacle abordant le thème de la mort?

Un spectacle sur la mort! En voilà une bonne idée pour ouvrir la Foire du livre. Et pourtant, ceux qui ont fait le déplacement hier soir au théâtre – et ils étaient nombreux- ont été particulièrement bien inspirés. Ils se sont franchement marrés presque deux heures durant. 

Seul en scène, entouré de lampions, le conteur narre une sanglante naissance. Voilà qui commence bien. “Si ça dure deux heures comme ça, ça ne va pas être relax”, lâche Yannick Jaulin, sortant tout à coup de son rôle de conteur. Effectivement! C’est cru, morbide, assez sordide mais très vite, malgré la mort ambiante, les spectateurs sourient. Ils rient même, et franchement! C’est que les répliques font mouche. Mais pas seulement. Elles sont soutenues par la justesse du comédien, l’art maîtrisé du conteur, la mise en scène léchée. Ce spectacle qui, joué quelque 400 fois au moment de sa création en 2000, a eu le temps de mûrir, d’être perfectionné. Il est abouti.

Par la seule force de sa voix, Yannick Jaulin fait apparaître tout un univers sur la scène vide. Il n’a pas non plus son pareil pour planter un décor. En deux temps trois mouvements, voilà le cimetière “où on n’enterre que les morts vivant dans la commune” esquissé. De ce cimetière, Yannick Jaulin va ramener à la vie une ribambelle de personnages dont il revêt l’habit, la peau, la voix avec une habileté et une crédibilité saisissantes.

Il n’est plus seul sur scène. Ils sont là, ils l’entourent. Le conteur tend l’oreille et ramène leurs histoires de l’au-delà, donne naissance aux personnages par le biais d’un “curriculum mortis” savamment tourné. Voilà que les morts se racontent: Gisèle la vieille fille, Roger le grincheux ou encore Pépé tarte aux prunes. Douloureuse, tendre, ou drôle, l’histoire est toujours juste.

Cette authenticité, Yannick Jaulin est allé la chercher dans la France rurale de son enfance d’où il est revenu avec des histoires, des personnages, des expressions, des langages, des accents. Il a fait de cette matière morte une œuvre bien vivante que le public, après avoir tant ri, a applaudi, longtemps, joyeusement, comme reconnaissant.

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Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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