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Une journée de la résistance célébrée en petit comité

Chaque 27 mai, la France célèbre la création du Comité national de la résistance, signe du soulèvement face à l’occupation allemande ;ors de la seconde guerre mondiale. La cérémonie s’est déroulée hier soir à 18h30 place du 15 août dans le respect des règles sanitaires.

Pas de public, mais cette fois trois porte-drapeaux et non un seul pour les représenter comme pendant le confinement. Depuis le début de la crise sanitaire, les cérémonies patriotiques ont en effet toujours eu lieu. Cette première commémoration depuis le déconfinement rassemblait huit personnes. Parmi elles: le sous-préfet Philippe Laycuras, Marie-Christine Lacombe, adjointe au maire en charge des anciens combattants, reconduite depuis la veille dans ses fonctions (lire notre article sur l’installation du conseil municipal mardi 26 mai), le colonel Stéphane Gouvernet, commandant le 126e RI, Paul Doussaud, vice-président de l’UFAC (Union française des associations combattants) à Brive et Bernard Delaunay, membre du bureau national de l’ANACR et président de l’association au niveau corrézien.

Pas d’Harmonie municipale pour rythmer la cérémonie. Chant des Partisans, sonnerie aux morts et Marseillaise sortaient d’un lecteur CD. Pas plus de piquet militaire ou de sapeurs pompiers. Pas de public non plus, encore moins de classes invitées. Pour les collèges et lycées habituellement associés, cette journée se veut une réflexion sur les valeurs de la résistance et celles portées par le programme du Conseil national de la résistance. Les personnalités présentes n’en rendaient pas moins hommage à “l’armée des ombres”, ces anonymes qui ont combattu parfois au prix de leur vie l’occupant allemand.

Ce 27 mai, marquée ainsi depuis 2014, correspond en effet à la date de la première réunion du Conseil national de la résistance le 27 mai 1943 à Paris. Elle s’est tenue dans l’appartement de René Corbin, au premier étage du 48 rue du Four à Paris. Délégué du général de Gaulle, Jean Moulin souhaitait instaurer ce conseil dans le but d’unifier les divers mouvements de résistance souvent désorganisés et cloisonnés et de coordonner l’action. Sous sa présidence, le CNR réunit les représentants des huit grands mouvements de résistance, des deux grands syndicats d’avant-guerre ainsi que les représentants des six principaux partis politiques de la troisième République.

Après la Libération, le programme d’action de la Résistance, connu sous le nom “Les jours heureux“, paraît en 1944 et conduit à la mise en œuvre de réformes économiques, sociales et politiques donnant la priorité à l’accès à l’éducation pour tous et posant les bases du modèle social français. Il inspire également la rédaction du préambule de la Constitution de la quatrième République, qui fait partie des textes fondamentaux de notre droit actuel, comme l’ont rappelé tour à tour Bernard Delaunay lisant le message national de l’UNACR et le sous-préfet celui de de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées. “Tous ont su, dans l’épreuve, s’élever au-dessus des désaccords et des différences idéologiques, pour placer haut l’intérêt supérieur de la patrie.” Comme un écho lointain en cette période de pandémie.

La prochaine commémoration est prévue jeudi 18 juin à 18h30 toujours à la Stèle de la place du 15 août 1944. Elle marquera l’appel historique du général de Gaulle. Le 18 juin 1940, à la radio BBC depuis Londres, il incitait les Français à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi. Il y a 80 ans.

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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