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Une droguée du commerce

« Avant d’être une droguerie c’était le café Vayleux. Un établissement très chic. On peut encore voir les moulures de l’ancien café dans les combles désormais aménagés de la droguerie », raconte Marie-France Boucheteil-Hautefort, 66 ans, propriétaire de ce magasin qui est sans doute l’un des plus anciens de Brive. « Beylie n’est plus là, Maigne non plus, je pense qu’il y a Violaine rue de la République. Nous sommes les deux dernières, » précise la commerçante.

« Je crois que c’est entre 1955 et 1960 que c’est devenu une droguerie. Ce sont les établissements Gauthier et Péméjot qui se sont d’abord installés ici. Plus tard, j’y ai travaillé en tant que salariée mais avec un autre commerçant puis j’ai acheté le fonds en 1998 puis les murs », relate Marie-France.

Le magasin de 380 m2, de la rue Maillard avec sa façade d’origine, composée de mosaïques rouge et noire, joint l’utile à l’agréable. L’utile car disposer d’un tel commerce en plein coeur de ville est un privilège. « Il y a largement de quoi dépanner avant de prendre sa voiture et d’aller dans les zones commerciales Ouest ou Est », note un client. Mais aussi l’agréable car Marie-France est toujours présente pour un conseil ou pour une petite astuce. « Et ça c’est appréciable ! », assure toujours ce fidèle chaland. Quincaillerie, produits ménagers… la droguerie est un commerce essentiel. « J’ai fait une très belle année malgré les fermetures », assure Marie-France.

La commerçante qui a passé en tout 44 ans dans le centre-ville (elle a travaillé précédemment dans un pressing, rue du docteur-Massénat) remarque un retour au petit commerce de proximité et de qualité. « Il ne faut surtout pas raconter n’importe quoi aux clients. Sinon, il ne reviendra plus. Nous avons l’avantage de la proximité, du conseil personnalisé. C’est un atout », souligne Marie-France pour qui la retraite semble un mot étranger.

« Je pensais m’arrêter mais le deuxième confinement m’a fait réfléchir. Je l’ai mal vécue et je me suis rendu compte que je n’étais pas prête. Je ne pense pas donc m’arrêter tout de suite. Je pense même qu’il y a moyen de développer le magasin mais peut être que ce sera mon successeur. J’ai des clients du Lot, de Dordogne, de Haute-Corrèze, du Cantal… J’ai de bons produits qu’on ne trouve pas forcément dans la grande distribution. Je ne peux pas tout avoir bien entendu mais je pense qu’il faut garder un commerce comme celui-ci. Surtout, je pense qu’il y a moyen de le conserver et de bien le faire fonctionner. »

Mais au fait pourquoi appelle-t-on droguerie les drogueries ? « Au départ il me semble que les droguistes sont, entre autres, des marchands de couleurs, de produits chimiques en grande quantité… d’où ce nom », explique Marie-France. « Mais il y a encore quelques confusions, notamment chez les jeunes, qui demandent si on vend de la drogue », rigole la gérante de la boutique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Julien Allain, Photos : Diarmid COURREGES

Julien Allain, Photos : Diarmid COURREGES

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