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Un samedi soir Saganesque…

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Des lectures, pour retrouver sa fameuse “petite musique“, des échanges pour tenter de percer le mystère, par-delà les rumeurs et les scandales, de la femme… La soirée hommage à Françoise Sagan, organisée ce soir dans le cadre de la Foire du livre, a attiré de nombreux spectateurs dans la grande salle du théâtre. 

Soiree Sagan 3Bien sûr, la soirée hommage à Françoise Sagan, proposée ce soir au théâtre à l’occasion du 60e anniversaire de Bonjour tristesse et des 10 ans de sa disparition, a rendu grâce à son plus grand succès, Bonjour Tristesse, paru en 1954. Plus qu’un livre “c’est une claque, une caresse, une fessée, un cataclysme“, a introduit Christophe Ono-dit-Biot, pointant par là le scandale déclenché par l’ouvrage.

A 17 ans, en 188 pages et 33 jours, Sagan a accouché d’un “petit roman parfait, impossible à analyser. C’est miraculeux”, a ajouté Frédéric Beigbeder. Soiree Sagan 2La lecture de ce roman par l’actrice Marianne Denicourt, qui est venue clôturer la rencontre, a permis aux spectateurs, venus assister nombreux à la soirée hommage, de goûter le style, découvrir ou redécouvrir l’univers, de s’imprégner de la “petite musique” saganesque.

Impossible pourtant de résumer Sagan à Bonjour tristesse, elle qui a écrit une vingtaine de romans – dont certains ont été reconnus bâclés – vendus 30 millions de livres en France, traduits en 15 langues; elle qui a aussi défrayé la chronique…  Aussi, les rencontres se sont-elles attachées à dévoiler, derrière l’écrivain, derrière la légende, l’image de la femme en balayant les histoires de whisky et d’argent en même temps que les images de pieds nus dans l’Aston Martin, de manteau troué par les cigarettes.

Soiree Sagan 8De Sagan, Denis Westhoff, son fils, garde l’image d’une mère. Elle aurait d’ailleurs déclaré qu’elle trouvait plus exceptionnel d’avoir fait un enfant qu’un livre, rapporte l’animateur. Le fils n’est pas étonné. “Elle a été protectrice, souvent même maternelle, si bien que, longtemps, je ne l’ai pas reconnue dans ses livres.” Il poursuit: “Elle m’a appris la tolérance, la générosité, la décence, le respect, la gentillesse.” D’elle, il garde aussi le souvenir d’après-midis entiers passés enfermée dans une des chambres de la maison de Normandie d’où résonnait seulement le bruit de la machine à écrire et, parfois, sa voix, qu’elle enregistrait pour garder des notes.

Soiree Sagan 6Egalement invitée, Anne Berest, qui publie Sagan 1954 (Stock), a indiqué ce que sa rencontre avec Sagan, pour l’écriture de son ouvrage, avait changé à sa vie: “C’est une période où, à la suite d’une rupture, j’étais malheureuse comme les pierres et là, une femme m’a pris par la main et m’a dit qu’il me faudrait sourire dans le chagrin, arrêter d’avoir peur, qu’il allait falloir être libre, aimer des hommes sans les aimer, boire de l’alcool la nuit.” Et Julia Kerninon, prix Sagan 2014 pour Buvard (Le Rouergue) d’ajouter: “Elle reste un modèle pour dynamiter les interdits.” Enfin, comme il est de bon ton que tout finisse par des chansons, c’est celle de Juliette Gréco, interprétant Bonjour tristesse, qui a sorti les spectateurs de leur douce torpeur, produite la longue et délicate lecture de Marianne Denicourt. Un beau voyage.

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Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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