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Un nouveau souffle après le Covid

 

Le Covid-19 qui l’a frappé, a altéré son souffle, lui révélant “une trouvaille dans sa voix”. Un trait que Philippe Bouret a fait résilience. Jouisseur des mots et des pensées, le psychanalyste briviste s’est mis à dire des textes qu’il compile sur sa chaine Youtube ALT. Trois lettres pour en dire juste un peu plus mais pas trop sur “un auteur, un livre, un texte”. Tous les jours, il livre ainsi un court passage. Quelques phrases posées en parenthèse, juste la respiration des mots, pour entretenir un lien et une envie au fil du confinement. Retrouvez le sur https://www.youtube.com/channel/UC6j6KKQCYvwxheai8z5FVsA.

“Un petit brin de lecture, un petit brin de poésie, une brindille de bonheur”, lance Philippe Bouret pour introduire les quelques lignes extraites du recueil Dites trente-trois, c’est un poème de Werner Lambersy. “Parce qu’on ne sait pas ce qui peut arriver. Le pire, c’est qu’on ne sait rien…” La voix du confiné contaminé est encore altérée mais porte cette guérison sextuelle qu’il a entamé fin mars.

“J’ai eu une atteinte respiratoire qui s’est traduite par des sons dans ma voix que je n’avais jamais senti jusque là. Le Covid-19 m’a permis de faire une trouvaille dans ma voix, un effet soufflé. Un trait que je me suis mis à cultiver. J’ai utilisé mon symptôme dans l’engagement de dire des textes. Je cultive ce trait qui sert certains textes.” Sa manière de “faire un usage du réel qu’on a subi”, de le dépasser malgré une toux résiduelle qui se rappelle à lui.

J’ai toujours lu à voix haute: à titre professionnel pour mes patients en orthophonie, à titre privé pour mon épouse, il m’arrivait parfois de lire ainsi au bistrot, étonnant les gens alentour. Certains textes ne peuvent se passer du voisement. J’ai commencé ces petites vidéos dès que je me suis senti suffisamment en forme et je pense qu’elles vont continuer après cette période. Je n’avais jamais fait ça. je me suis perfectionner, j’ai ajouté un générique, un montage… Mais ça reste simple. Il s’agit juste de dire le texte, partager les mots, sans aucun analyse. Je fais entrer mon désir de diseur dans le texte, charge à celui qui écoute d’être accroché. J’ai créé ma chaine YouTube car certains n’ont pas de Facebook. C’est une petite vidéothèque.”

Il dit ainsi au gré de ses envies. Tous les jours, “un rendez-vous avec ma voix”, comme d’autres s’astreignent à une salvatrice gymnastique corporelle. Laissant ainsi aux mots le temps d’imprégner l’esprit jusqu’à l’extrait suivant. “Je ne lis que les textes des autres.” Il y a d’abord eu le Carnet de bord de Lili Frik, puis presque incontournable Sigmund Freud, Andréas Becker, Christina Botta, Colette Klein, Cécile Oumhani, Marilyn Monroe, Francis Coffinet, Marc Pautrel… Du théâtre aussi avec Xavier Durringer. Et même un hommage à Christophe en un vendredi triste de sa disparition. Il en a déjà compilé une vingtaine. Des petits cailloux à suivre pour cheminer vers le déconfinement et au-delà. Vous pouvez aussi le suivre sur sa page Facebook.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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