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Un financement participatif pour rénover l’orgue de Saint-Martin

Il date de 1860 et c’est “une merveille classée monument historique”. Il n’en faut pas moins le restaurer, une intervention très complexe qui s’élève à 150.000 euros. La Ville a décidé de recourir au financement participatif pour procéder à son “relevage” (dépoussiérage) et à des travaux de préservation.

Il a été construit il y a plus d’un siècle et demi par Jean-Baptiste Stoltz, l’un des plus importants facteurs d’orgue de l’époque. Au fil des ans, l’instrument a subi quelques transformations et même une amputation de ses tourelles latérales, en 1885, lors de l’extension du porche de l’église, le privant ainsi de tout son potentiel. “C’est comme si on l’avait enfermé dans un placard”, compare l’organiste titulaire Charles Balayer. L’instrument avait été également retouché pour jouer des œuvres baroques, alors qu’il avait été conçu pour le registre romantique propre à son époque. L’amputé aura attendu plus d’un siècle pour retrouver ses “ailes” heureusement conservées. C’était en 1989, date aussi de sa dernière restauration qui lui a redonné son registre initial.

Depuis, la Ville veille à l’entretien régulier de cet instrument remarquable. Il a même droit 2 fois par an à être accordé. Sauf qu’aujourd’hui, cela ne suffit plus: l’orgue a besoin d’un sérieux “relevage”, c’est le mot approprié, qui a été différé depuis plusieurs années, ce qui a évidement participer à sa dégradation. Cette opération généralement réalisée tous les 20 ans, consiste à démonter et dépoussiérer en totalité l’instrument, mécanique, tuyauterie et buffet, à réparer et remplacer si besoin les pièces usées ou endommagées (feutres, écrous de cuir…), remettre en peaux les soufflets et réservoirs, régler toute la mécanique et pour finir accorder et harmoniser l’ensemble des tuyaux. Une intervention très complexe qui nécessite plusieurs mois de travaux et relève de l’artisanat d’art. D’autant qu’il s’agit d’un instrument classé au titre des Monuments historiques. “95% des matériaux est d’origine… Pendant très longtemps, on a pas pris en compte que l’orgue était un instrument patrimonial, à part entière, permettant de jouer la musique romantique“, regrette le musicien, également professeur au conservatoire.

“Il faut aussi fermer l’interstice situé juste au dessus, sur la voute, qui génère beaucoup de poussière, et doter l’instrument d’un combinateur“, explique l’organiste. “Un combinateur est un mécanisme permettant de préparer une ou plusieurs séries de registrations programmables, c’est très utile sur un instrument de cette taille.”

Cette rénovation dans tous ses aspects représente un budget de 150.000 euros. Dans un contexte budgétaire restreint, la Ville a donc décidé de recourir au financement participatif popularisé auprès du grand public par les plateformes internet comme Ulule. Un décret de 2015 a ouvert aux collectivités territoriales et à leurs établissements publics l’accès à ce mode de financement. Aujourd’hui, de nombreuses collectivités y ont d’ailleurs recours. Une démarche novatrice que la Ville va ainsi expérimenter sur deux actions entrant dans le champ culturel: la rénovation de l’orgue monumental de la collégiale et la mise en valeur du site de l’ancienne caserne Brune et plus particulièrement de l’ancienne place d’arme destinée à devenir un espace public ouvert, par la création et l’installation d’une œuvre d’art. 
Le recours à ce financement participatif a été entériné par le conseil municipal le 27 juin dernier.

 

De plus près
Sur demande, l’organiste titulaire peut effectuer des visites commentées de l’orgue (cet été seulement en juillet, se renseigner au 06.16.22.64.90). Chaque année, dans le cadre des Journées du patrimoine, des visites sont également organisées le dimanche après-midi, toutes les heures (en l’occurrence cette année, le 16 septembre).

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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