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Un écrivain coréen à la rencontre des lycéens

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Kim Jung-Hyuk, auteur sud-coréen en résidence d’écriture à Brive pendant le mois de novembre, a rencontré hier après-midi des élèves en première au lycée d’Arsonval. “Une expérience rare et étrange” pour l’un comme les autres.

 

kim-jung-huyk3Dans ses romans et nouvelles, Kim Jung-Hyuk pointe souvent une société qui a tendance à négliger les intérêts humains au profit de la performance et de la rentabilité. Dans le cadre de sa résidence d’écriture à Brive, il devait ainsi intervenir sur le thème de l’utopie et de la dystopie auprès successivement de deux classes de 1ère S et ES du lycée d’Arsonval. Le sujet n’est pas simple, encore moins lorsqu’il se déroule par interprète interposé.

kim-jung-huyk9Les élèves avaient préalablement découvert un passage de la fiction Zombies, la descente aux enfers (chez Decrescenzo éditeurs), son premier roman traduit en français. On y retrouve ses thèmes sérieux traités de façon légère, ses personnages décalés par rapport à la réalité, un récit fantasque mais pas trop. A l’image de cet auteur dont la sobre veste laissait deviner un tee-shirt arborant tête de mort. Car ce sensible Sud-Coréen est un être singulier aux multiples talents: dessinateur, journaliste, critique littéraire, DJ, collectionneur d’objets… et même d’images au quotidien.

kim-jung-huyk5 “J’aime bien observer le monde. Depuis 2011, je filme tous les jours des scènes avec mon téléphone mobile. Je choisis de retenir une seconde par jour et je les mets bout à bout pour faire une année en 365 secondes”, explique-t-il avant de lancer la vidéo 2012. “Toutes les secondes sont importantes pour moi, mais pas pour vous, alors vous pouvez vous endormir si vous voulez”, plaisante-t-il à peine. Les images sans cohérence alternent en clignements de paupières, laissant six minutes plus tard l’assistance désorientée. Silence.

“Il fait toujours mauvais temps en Corée”, finit par rompre une élève. Surpris par la question, Kim Jung-Hyuk se met alors à parler du temps qu’il fait chez lui, puis ici à Brive, du quotidien qui se répète tout en variant un peu, de sa passion pour la musique, de la K pop (Korean pop), de son goût pour les films français, des idées qui se bousculent dans sa tête, de l’oralité qui restreint les pensées, de son penchant pour la gastronomie, de son bonheur à “casser la surface de la crème brûlée” ou “à attendre un plat suivant”, des ingrédients qu’il a découverts et se plait à cuisiner, de son impression de se retrouver ici comme dans son village natal, à taille humaine, de son roman en cours dans lequel il cite Brive, du vin qu’il “trouve trop bon et qui ne coûte pas cher ici”…

“C’est une expérience rare et étrange de se rencontrer”, avait prévenu cet esprit curieux en début de séance. L’écrivain venu d’ailleurs aura laissé son auditoire en suspens.

Vous pouvez consulter notre précédent article:

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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