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Trois expositions pour redécouvrir hier et rêver demain

Trois expositions temporaires et gratuites s’installent pour les prochains mois aux musées Michelet, Labenche, aux archives municipales et à la chapelle Saint-Libéral. Entre faits historiques et art contemporain, elles jettent un pont entre passé et présent, ouvrent le champ de nouveaux partenariats et met à l’honneur un artiste en éclosion ainsi que des pièces inédites.

“On n’a jamais rien accueilli de tel à la chapelle Saint-Libéral.” Laudine Michelin, responsable scientifique et technique pour le musée Labenche, a l’art de piquer la curiosité. Vendredi 19 octobre commencera l’exposition des peintures de l’artiste contemporain Simon Pasieka. “Il propose un travail complexe, un univers hors norme et riche en influences”, présente-t-elle. “Il ne s’interdit rien, puise dans toute l’histoire de l’art et la digère. Les œuvres sont réalistes mais, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que ça ne peut pas exister.” Bref, l’exposition va surprendre, interroger, prévient-on du côté de la Culture.
Une vingtaine de peintures seront présentées, dont de très grands formats (2mx2m40). Cette exposition qui dévoile un artiste sur le point d’être connu est le fruit d’un partenariat inédit et fructueux avec le Centre d’art contemporain de Meymac et la résidence d’artistes Chamalot qui a justement accueilli cet artiste durant l’été. Une partie des œuvres présentées ont d’ailleurs été réalisées en Corrèze.

Autre lieu, autre thématique. Demain, vendredi 12 octobre, s’ouvre l’exposition 14/18 Regards croisés au musée Labenche et aux archives municipales. Présentée à l’occasion du centenaire de la fin de la guerre et largement valorisée auprès du public scolaire, elle sera l’occasion de découvrir des pièces inédites et de “rendre tangible ce que les Brivistes ont pu ressentir”, a expliqué Thierry Pradel, directeur des archives municipales et du musée Edmond Michelet. “Lorsque ce 14 septembre 1914, 300 blessés sont arrivés en gare de Brive, dont des hommes troncs transportés en charrette, ça a été le choc. Personne n’était préparé à ça, à Brive comme ailleurs.” Il poursuit: “On est parti de pas grand chose car étonnamment, la guerre de 14/18 a été très peu travaillée en Corrèze.” Le témoignage poignant de Marguerite Genès, enseignante et infirmière bénévole, dont les carnets ont été redécouverts parmi les 2,5 km d’archives il y a 6 ans, sera bien sûr mis en valeur. “Une fabuleuse trouvaille de par la régularité de ses écrits, d’autant qu’on a peu de témoignages de civils et de femmes moins encore.
Autre volet de cette exposition, au musée Labenche seront présentés des objets de la collection: armes, médailles, portraits de personnalités, œuvres de propagande, art des tranchées comme cette broderie figurant un bouquet de pensées faite par un prisonnier pour sa fiancée. “C’était le moyen de passer le temps et, depuis l’horreur des tranchées, de créer la beauté”, analyse Laudine Michelin. Jolie jonction entre les deux volets de cette exposition, les œuvres du peintre impressionniste Albert Copieux témoignant de l’horreur du conflit et de la vie quotidienne des soldats, seront présentées sur les grilles des deux lieux.

Enfin, au musée Michelet se poursuit “La Force noire” évoquant le rôle des tirailleurs sénégalais depuis la conquête coloniale jusqu’aux guerres mondiales; et plus précisément recentrée sur la mission Congo-Nil, une expédition qui conduira à la fin du 19e siècle 150 tirailleurs sénégalais et leurs officiers des rivages de l’Atlantique aux sources du Nil avec pour objectif de coloniser de nouveaux territoires. Parmi eux, le capitaine Germain, une figure briviste qui a toujours son buste place Thiers. “On s’attache toujours à inclure un élément local dans les expositions que l’on nous prête”, a souligné Thierry Pradel, précisant que là encore, les archives possédaient un ensemble de photographies inédites prises par les officiers, archives très rares donnant à découvrir paysages et population rencontrée pendant la mission.

Pièces rares, focus sur un artiste atypique sur le point d’être révélé, partenariats inédits… la dynamisation des expositions temporaires est en marche.

En bref:

  • La “Force noire”, réalisée par l’ONACVG jusqu’au 12 janvier au centre d’études et musée Edmond-Michelet – 05.55.74.06.08.
  • 14/18 Regards croisés, réalisée par l’ONACVG et l’UNC du 12 octobre au 25 novembre au musée Labenche et archives municipales – 05.55.18.17.70 et 05.55.18.18.50
  • Simon Pasieka, peintures, du 19 octobre au 13 janvier à la chapelle Saint-Libéral – 05.55.74.41.29.
Jennifer BRESSAN, Photos : Sylvain MARCHOU

Jennifer BRESSAN, Photos : Sylvain MARCHOU

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