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Théâtre et cinéma suivent le même fil au Rex

Le Rex organise jeudi à 20h une soirée ciné-théâtre qui va débuter avec la pièce Zoom de Gilles Granouillet proposée par le Théâtre sur le Fil qui sera suivie de la projection du film de Fred Zinnemann Tant qu’il y aura des hommes. Dès 20h. Tarifs: 10 et 7 euros. Infos et réservation au 05.55.23.29.01.

Créée en 2011 par le Théâtre sur le Fil, la pièce Zoom de Gilles Granouillet poursuit son bonhomme de chemin et s’est jouée déjà une quinzaine de fois, dans des théâtres, des salles de classe, en plein air, dans les prisons (c’est en projet) mais aussi dans des cinémas.

Moins habituées à accueillir des pièces de théâtre, les salles obscures étaient pourtant, pour le metteur en scène de la pièce Jean-Paul Daniel, un lieu à investir. Spécialement pour Zoom, où “une femme va raconter son histoire depuis la conception de son enfant jusqu’à sa sortie de prison”, avance la comédienne qui porte ce monologue, Séverine Garde-Massias.

Le lien avec le cinéma, il se fait avec son fils, conçu dans une salle obscure pendant la projection du film Tant qu’il y aura des hommes avec un géniteur qui allait l’abandonner une fois revenu à la lumière du jour. C’est justement la projection de ce film de Fred Zinnemann qui suivra la représentation.

“A la maternité”, raconte Jean-Paul Daniel qui est tombé sous le charme de ce texte, “elle a bien essayé d’appeler son fils Tant qu’il y aura des hommes mais on lui a fait remarquer que ce n’est pas un nom, ça!” Elle se repliera sur Burt, le prénom de l’acteur principal, Burt Lancaster.

“Cette pièce est d’une richesse implacable”, poursuit la comédienne, toujours enthousiaste à l’idée de la rejouer. Une manière aussi de sortir de Médée, le personnage qu’elle incarne dans le nouveau projet de la compagnie qui ne verra le jour qu’en 2015 (nous vous en avions parlé ici et ici).

Issu d’une salle de cinéma et afflublé de ce prénom, ce garçon deviendrait acteur bien sûr. Sa mère qui rêve d’une vie meilleure ne peut le concevoir autrement. Ne reste alors pour l’enfant qu’à subir le rêve qu’elle a forgé pour lui. “Elle fait partie de ces gens de peu habitués à vivre dans le rien”, souligne Jean-Paul Daniel très attaché à ce texte. “Il y a des moments qui sont drôles aussi, pathétiques, quand cette fille, sans concessions, va au bout de sa logique, de son rêve pour son enfant, elle est dingue!“, lâche Séverine Garde-Massias, pleine d’empathie et d’affection pour ce personnage qui l’accompagne depuis deux ans.

Elle ne l’a pas incarné depuis cet été, mais elle sait qu’après avoir fait une ou deux italiennes (comprenez le fait de débiter un texte très rapidement sans intonation), tout se remettra en place. “Il n’y a que les déplacements qu’il faudra retravailler”, souligne Séverine Garde-Massias. Est-ce que ça changera quelque chose pour elle de se produire dans un cinéma? “Ce n’est pas le même le ressenti“, glisse la comédienne, “le texte n’a pas les mêmes répercussions selon les lieux où il est joué.” L’occasion pour elle de le revivre en quelque sorte et de le donner à redécouvrir aux spectateurs.

 

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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