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Sophie Divry met le point final à sa résidence briviste

Hier soir à la médiathèque, Sophie Divry a partagé avec le public les derniers instants de sa résidence briviste. Elle s’est éclipsée comme elle est arrivée il y a deux mois (à lire ici), discrète et enjouée. Le point final mis à son dernier roman en prime. 

A l’issue des deux représentations du spectacle Le Grand inventaire par la compagnie Les Pêchers mignons, Sophie Divry a partagé à la médiathèque en public le bilan de sa résidence briviste. Une résidence réussie, une mission accomplie. L’auteur était ici pour terminer son troisième roman, dont elle a même dévoilé le titre probable: La Condition pavillonnaire. “C’est un livre plus ambitieux que les précédents, qui raconte la vie assez ordinaire d’une femme”, décrit l’auteur. “Une vie ordonnée et sage qui la rend pourtant insatisfaite.”

Privilège rare et apprécié du public, les deux comédiens de la compagnie Les Pêchers mignons ont, à la demande de l’auteur, fait la lecture de deux extraits de son roman tout juste terminé. “J’ai voulu faire un livre matérialiste qui résiste à la lecture. Que ce soit une masse dans laquelle le lecteur soit obligé de s’embarquer.” Et de citer Kafka pour préciser son idée: “Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous”.

Elle décode, amusée: “En fait, je ne voulais pas faire un livre qu’on puisse lire en avion! Je voulais un livre qui assomme, un livre assez long.” Une longueur que Sophie Divry semble avoir eu du mal à préserver: “J’ai tendance à vouloir tout couper. Parfois, je le regrette!” Mais l’auteur avoue être habitée par la culpabilité de l’écriture,-elle ne parle même pas de celle de la lecture!-, mais aussi par la peur d’ennuyer le lecteur. “Pas sûre que je sois arrivée à garder les 350 pages que je m’étais fixée!”

Mais in fine, peu importe le nombre de pages. Elle est venue à bout de son projet: mettre un point final à son livre; et elle s’est même offert le luxe d’aller au-delà en écrivant d’autres textes: un dialogue théâtral ainsi qu’un texte sur les rêves. “Ce sont là les fruits de la résidence d’auteur qui permet de repousser ses limites. L’écriture peut se répandre dans des territoires qu’il faut d’ordinaire lutter pour conquérir”, explique-t-elle en visant les tâches et contraintes du quotidien desquelles elle était ici préservée. “Ici, j’ai pu être tout entière à la création. Ce sont vraiment des conditions idéales.”

Conditions qu’il sera donné à Marc Pautrel, le prochain auteur en résidence à Brive, d’expérimenter dès le début du mois d’avril. Quant à Sophie Divry, elle reviendra fouler le sol briviste, les 8, 9 et 10 novembre à l’occasion de la Foire du livre pour son deuxième roman à paraître en avril Le Journal d’un recommencement.

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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