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“Réparer les vivants” au Rex

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Katell Quillévéré, réalisatrice du Film Réparer les vivants sorti en salle le 2 novembre, était au cinéma le Rex pour nous en parler. Une projection dans le cadre d’une programmation spéciale pour la Foire du livre.

 

Katell Quillévéré, jeune réalisatrice qui a fait ses premières armes à Brive en co organisant le festival du moyen métrage s’est livrée le 5 novembre dans la salle comble du cinéma le Rex à une démonstration de talent, d’humilité et de bienveillance. La tâche n’était pas simple : mettre en image un livre aussi puissant que le roman de Maylis de Kérangal avait tout du défi et de la tâche insurmontable.

reparer-les-vivants4De tous les réalisateurs qui en ont eu aussi l’idée, c’est Katell qui a été retenue. Lévidence de vouloir mettre ce livre en image lui est apparu d’une manière fulgurante. David Thion, son producteur, un jour lui offre le roman. Elle le lit d’une traite au cours d’un long voyage. Sans s’arrêter: à la manière qui saisit sans doute celles et ceux qui ses sont plongés dans l’œuvre. Le livre de Maylis de Kérangal questionne la vie, questionne la mort, questionne l’amour. C’est un univers de sentiments, d’émotions mais justement pas comme on les entend souvent au cinéma. Celles-ci sont cruciales elles engagent le vivant. Elles convoquent le temps, l’urgence. Réparer les vivants se joue dans l’alternance d’une vie et dans le commencement ou plus précisément : dans le “recommencement d’une autre”. Un jeune homme de dix-sept ans est porté pour mort. Son cœur bat grâce aux machines mais son cerveau ne revivra plus. Les parents devant cette évidence acceptent que certains des organes soient prélevés. Le deuil est en marche. Il rampe et déchire les cœurs. A Paris dans un hôpital on propose à une femme plus âgée de revivre avec un nouveau cœur. Elle ne saura jamais à qui il était ni d’où il vient et grâce à lui, se réveille de l’intervention. C’est la dernière image du film. Le réveil à la vie. Le premier plan nous a montré aussi un réveil : celui du jeune homme qui ne savait pas que bientôt il sera mort.

 Tournage à l’ancienne

Grâce au prodigieux travail de collaboration qui s’est effectué entre Katell Quillevéré et Maylis de Kérangal est née une œuvre singulière. Un autre récit dans lequel la réalisatrice est parvenue à faire sienne les ellipses, les sauts dans le temps, les sensations l’odeur de la mer, le parfum d’une ville, la couleur d’un hôpital. On apprend ainsi que toutes les scènes qui se déroulent au bloc opératoire, merveilleuses d’esthétisme, ont entièrement été tournées en studio, que tout a été fabriqué, à l’ancienne, sans effet spéciaux. Les lumières ont été travaillées à la manière d’un Caravage, la toilette du défunt : comme celle du Christ descendu de sa croix. La musique d’Alexandre Desplat, infiltrée dans les séquences comme une intuition. Tout cela, nous l’avons appris hier soir durant ce grand moment d’échange.

Retour aux sources

“Avec Katell”, déclare Romain Grosjean, directeur du cinéma le Rex, “nous retournons aux sources. reparer-les-vivants6C’est elle qui a co fondé le Festival du moyen métrage avant de devenir la réalisatrice brillante que l’on connaît aujourd’hui. L’idée d’organiser cette projection pendant la Foire du Livre nous est à nous aussi apparu comme une évidence. Ce travail donne à voir les relations qui se tisse et s’entremêlent entre les mots d’un écrivain et l’écriture de la caméra. Comment un récit se transforme en un autre. Seuls des instants comme celui de cette Foire nous permettent de vivre de telles rencontres et j’espère qu’elles augurent une collaboration fructueuse ou le Rex aura toute sa place et dans l’enceinte duquel les livres ne finiront jamais de nous faire vivre.”

Filmographie de Katell Quilevéré : 2005, A bras le corps (court métrage); 2007, L’imprudence (court métrage); 2009, l’Echappée, (court métrage); 2010, Un poison violent; 2013, Suzanne; 2016, Réparer les vivants.

A propos de la Foire du livre 2016, vous pouvez consulter nos précédents articles:

Frédérique Brengues

Frédérique Brengues

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