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Pour que l'école cesse de contrarier les gauchers

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La 8e édition de la fête nationale des gauchers, initiée par l’association lesGauchers.com, se tient jusqu’à 18h ce soir salle du Pont du Buy. Une manifestation gratuite, ludique et instructive, riche d’ateliers, de conseils et d’explications qui a encore bouleversé le regard de certains parents sur leur enfant gaucher.

Fete nationale des gauchers2“Jade a 10 ans et je ne m’étais jamais encore  rendue compte à quel point elle avait dû s’adapter et se débrouiller seule“, confie Nadège, une maman encore interloquée de sa prise de conscience soudaine. En déambulant dans la salle du Pont du Buy accompagnée de sa fille gauchère, elle s’est arrêtée face à des outils qui l’ont laissée perplexe. “Une règle pour gaucher, à quoi ça sert?, a-t-elle naïvement demandé. En apprenant que sa fille, pour tracer un trait d’une longueur précise, de la gauche vers la droite donc, devait recourir à un système de soustraction, elle en est reste bouche-bée. “On fait les devoirs tous les soirs ensemble pourtant…”

C’est là un exemple parmi tant d’autres des contraintes quotidiennes auxquelles doivent faire face les gauchers qui vivent à l’envers dans un monde pensé par des droitiers pour des droitiers. Sur les divers stands proposés salle du Pont du Buy (dessin, écriture, graphothérapie, etc), une spécialiste de latéropédagogie explique ce phénomène: “Fermez les yeux et essayez de visualiser les notions de passé, présent et futur.” Logiquement, dans l’inconscient du plus grand nombre, la trilogie apparaîtra de gauche à droite. De même, “les frises spatio-temporelles, issues d’ouvrages d’histoire-géographie par exemple, présentent immanquablement le passage du temps de gauche à droite”. Cela n’a pourtant rien de légitime: “C’est même très artificiel, cette représentation est conditionnée par une certaine manière d’écrire et de pensée desquelles il ne faut pas hésiter à s’affranchir.”

Fete nationale des gauchers4Alors bien sûr, les temps ont changé et aujourd’hui les gauchers contrariés comme Christine sont rares. “Mon institutrice de CP m’avait obligée à écrire de la main droite. Ça été terrible, il y a eu beaucoup de pleurs et de privations de récré pour faire des lignes.” Alors elle voit l’évolution du regard que la société pose sur les gauchers avec soulagement: “Nous ne sommes plus les enfants du diable, des ratés.” Pourtant, sa jeune cousine Maïlys se souvient s’être “sentie à part, avoir été mise à l’écart”. Un sentiment qui perdure dans la scolarité de certains gauchers. Et c’est la raison pour laquelle l’association a tenu à centrer cette édition sur le thème de l’élève gaucher: “C’est à l’école de s’adapter aux enfants gauchers et non l’inverse”, assure Alain Galobardès, le président de lesGauchers.com, à l’initiative de cette journée. “Les enseignants ne sont pas formés pour répondre aux spécificités des gauchers”, poursuit-il. “Cela ne donnerait pas lieu à un surcroît de travail mais enlèverait une charge au contraire.” Et Maïlys, rassurante, de terminer: “Il ne faut pas que les parents d’enfants gauchers s’inquiètent. Ils doivent juste accepter ce fait et pour l’enfant, ce sera déjà beaucoup. D’autant que ça ne coûte pas plus cher et on y arrive tout aussi bien dans la vie!”

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Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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