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PISA : Rollinat au tableau

Le Pisa, ou Programme international pour le suivi des acquis des élèves, se déroulait ce matin au collège Rollinat : établissement désigné pour représenter l’Académie. Christine Gavini-Chevet, rectrice s’était déplacée pour rencontrer les élèves,

 

Khaleb, Mathilde et leurs autres camarades de classe de troisième planchent depuis ce matin derrière leur ordinateur. Pendant une cession de trois heures trente ils doivent répondre à un QCM destiné à évaluer leur faculté de compréhension de l’écrit. Ni devoir, ou examen, ce test réalisé d’une manière anonyme a pour but, dans le cadre international des pays membres de l’OCDE, d’évaluer le niveau des acquisitions des élèves ainsi que leur aptitudes d’adaptation dans un univers pratique. Les données recueillies puis analysées servent dans un deuxième temps à réviser, affiner, à adapter les méthodes pédagogiques de chacun des pays participant à l’opération. Baromètre international, le PISA permet aussi d’identifier les pays bénéficiant d’un meilleur score ainsi que ceux qui s’en sortent moins bien. Tandis que Singapour, l’Estonie ou la Finlande caracolent en haut du palmarès, la France se situe dans la moyenne. Un déception selon Chrstine Gavini-Chevet lorsque l’on compare le niveau de développement de notre pays aux résultats obtenus au PISA. « Beaucoup de pays prennent en considération le classement PISA pour remettre en question leur système éducatif, commente la Rectrice de l’académie. Certains d’entre eux comme l’Allemagne ont ainsi allongé la durée de l’enseignement. La scolarité qui ne se déroulait que le matin a été prolongée à la journée ce qui, dans le même temps, a permis aux femmes restant à la maison d’avoir accès à l’emploi. Notre ministre de l’Education nationale est très attaché à ce genre d’enquête. »

Des disparités de plus en plus visibles

Grande révélation du dernier PISA la France se caractérise par les performances très élevées d’une élite estimée à 8% de la population scolaire tandis que 22% d’entre elle ne maîtrise pas les compétences de base scientifiques. Même chose pour la corrélation entre origines sociales et résultats scolaires qui en France est 4 fois plus élevée par rapport à des pays au développement similaire. « Nous sommes encore beaucoup trop attachés aux notes, poursuit Chrisitne Gavini-Chevet. De nombreux pays dont La Finlande ont une approche dite « bienveillante » de l’évaluation. Le droit à l’erreur a une fonction pédagogique et ne relève plus de l’échec mais de la mise en conficance. Les jeunes Finlandais ne sont par exemple notés qu’à partir de 14 ans. Notre Ministre, dans sa nouvelle politique, souhaite ainsi favoriser le droit à l’erreur en sortant d’un passé éducatif basé sur le mode de la sanction. Dans ce domaine, la France fait partie des pays les plus durs ce qui, nous le voyons au regard de nos performances au PISA, n’est pas forcément une pratique gagnante. »

Une belle leçon d’humilité donc et un exemple fructueux d’apprentissage pour notre système éducatif qui affirmait ce matin au collège Rollinat de Brive sa volonté de s’améliorer de s’adapter et surtout d’écouter ce que le terrain sait si bien exprimer de lui-même.

Frédérique Brengues

Frédérique Brengues

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