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Pierre Mouzat prend ses quartiers dans un nouvel atelier

pierre mouzat

Le sculpteur Pierre Mouzat a quitté le centre-ville pour s’installer rue Cottenest, vers les Chapélies. Un atelier, plus au calme et donc propice à la création, alors même que l’artiste voit enfin ses oeuvres décoller.

inauguration du nouvel atelier de Pierre Mouzat

Handicap“Ça fait une vingtaine d’années que j’étais rue de la République, j’avais créé des habitudes… Le changement fait toujours un peu peur”, avoue Pierre Mouzat, pourtant ravi d’avoir quitté l’ancien appartement mis en vente pour s’installer dans un décor résidentiel, et surtout dans un véritable atelier.

Ici, je n’ai que des avantages: c’est de plain-pied, j’ai de la lumière naturelle, c’est sécurisé, isolé… Je me suis tout de suite senti à l’aise.” L’artiste a aussitôt colonisé l’espace. “Je me suis fait un petit lieu sympa.”

Comme un majordome posté à l’entrée vous accueille Handicap, son oeuvre majeure représentant une femme dans un caddie. “Il y a tout dedans”, résume-t-il à l’évidence en questionnant: “Cette société de surconsommation qui devait nous rendre libre ne nous handicape-t-elle pas?” Toujours ce désir tenace d’exister, de résister.

charogneL’atelier est ainsi peuplé de sculptures décharnées, sans socle, sa signature. Il y en a partout, sur les établis, chaque table, le moindre rebord. Le voilà penché sur l’une de ses dernières nées: Charogne, inspirée du poème de Charles Baudelaire. En cire, une matière qu’il a adoptée, après la terre et le plâtre, pour façonner son impétueuse imagination.

“C’est une matière qui me permet de travailler plus rapidement, dans l’émotion, la spontanéité. Comme, je suis situé un peu plus en retrait, je me disperse moins”, reconnait-t-il. “Dans cet atelier, j’ai déjà créé deux cires. J’y ai fait aussi deux belles ventes. Au bout de 15 ans de galère, là, c’est parti. Mes sculptures sont en train de flamber”, se réjouit-il. Pierre Mouzat enchante d’ailleurs les expositions, Paris, Londres, Salon de Provence, Montauban, Toulouse… et bientôt St-Art à Strasbourg, une foire internationale d’art contemporain des plus réputées.

sculpturesComme une éclosion après un longue maturation pour cet artiste qui revendique bien fort: “J’aime le manque”, en référence à ces uvres décharnées. “Pour que la sculpture existe, il faut du vide, comme pour la musique le silence. Ce sont les manques qui construisent, ce ne sont pas les pleins. Moi, je me suis construis comme ça.”

Ces œuvres ne sont pas des fantômes, seins pendants, chairs écorchées, personnages squelettiques, humains ou animaux usés par la vie et ses vicissitudes. Vieillesse ennemie? Il n’est pas hanté par le délabrement que le temps imprime. “Les chairs qui tombent avec l’âge, c’est la loi de la gravité. Pourquoi ne serait ce pas beau? Vivre, c’est vieillir… et ne pas vieillir, c’est être mort”, objecte-t-il. Un travail qui ne laisse personne indifférent.

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girafe

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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