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Philippe Lambert : premières nouvelles de Chine

Tout se transporte !

Philippe Lambert participe depuis le 1er avril à l’expédition Pékin-Paris-Londres, plus de 14.000km à vélo avec 79 autres cyclotouristes. Le retraité briviste est le seul représentant du Limousin engagé sur cette route olympique. Profitant enfin d’une connexion internet, il nous a envoyé ses premières impressions de Chine – une “fourmilière géante” – où l’équipée doit traverser 6.000km.

Dragues sur le fleuve“Le parcours depuis notre départ est respecté. La Chine me paraît une fourmilière géante dans les zones habitées et en même temps une poubelle géante. La pollution atmosphérique est incroyable et même ici à Xining à 2.200 m. d’altitude il fait presque nuit par une journée ensoleillée. Il faut dire à la décharge des Chinois que leur pays n’est que poussière. En effet la terre et les montagnes sont constituées essentiellement de lœss. C’est une matière pulvérulente, ocre jaune, que le vent travaille et sculpte facilement. Bien sûr c’est une terre alluvionnaire qui est riche et que les chinois cultivent en terrasses. Il n’a apparemment pas plu depuis longtemps et si nous avons eu une heure de pluie un matin en partant, en trois semaines, c’est tout.

Restes d’un ancien village sur le bord de la route

La chinoiserie n’est pas un mot galvaudé, rien n’est simple ici et les organisateurs doivent se battre pour Une montée de colque toutes les conditions prévues soient respectées. Tout se discute et rien n’est jamais établi définitivement. Mon impression est que le décorum compte plus que le reste, j’en veux pour preuve que les devantures de porte de maison qui sont rutilantes mais qui sont soigneusement fermées. Lorsqu’une porte est entrouverte on s’aperçoit de la misère et de la saleté repoussante qu’il y a derrière. Les contrastes sont très forts entre la richesse et la pauvreté, la propreté et la saleté. Peut-être est-ce le Yin et le Yang qui veut cela? Nous avons néanmoins un très bon accueil de la part des populations qui nous regardent avec curiosité mais aussi avec admiration lorsqu’elles saisissent le sens de notre passage.

Un temple au sortir de Lin FenPour la fourmilière, il suffit de regarder autour de soi. La construction bat son plein ici. Il y a des chantiers partout. Les villes grouillent de monde et surtout les routes sont surchargées de camions et de véhicules en tous genres. Tout se transporte ici, même une simple branche d’arbre de 4 ou 5 m. en travers sur un vélo. Toutes les pires saletés sont véhiculées également avec surcharge. On ne sait où ça va et le plus curieux c’est que tout est sale partout à en être horrifiant. Même dans les coins de campagne les plus reculés les détritus et les puanteurs règnent. Le Chinois crache partout et même les éléments féminins, ce qui nous choque.

Un train de camions nous côtoie à longueur de temps dans les deux sens et dans un concert de klaxonIl est vrai que cette partie-là de la Chine n’a pas un relief facile et que le réseau routier n’est pas dense. Souvent il n’y a qu’une route et donc tout le monde y passe, même le piéton. Le plus effarant, c’est le nombre de camions qui circulent. Ils transportent essentiellement du charbon et se suivent à touche-touche ce qui pour nous a été pénible car les routes sont poussiéreuses et nous en traversons des nuages. Malgré les masques, sales en un rien de temps, nous avons attrapé dès les premiers jours un virus pulmonaire qui nous a décimés. Notre cohorte crache et tousse en permanence. A propos de circulation, il faut rajouter que le code chinois est assez spécial quand il est respecté. Un véhicule qui débouche sur une route, même sortant d’un chemin privé, a la priorité!

Pagode au bord du fleuveSur le plan physique, c’est dur même s’il ne s’agit pas d’une course. Nous nous levons souvent à 5h du matin pour un départ à 6h30. Trois nuits de suite, nous avons bivouaqué et donc dormi sur nos lits de camps dans les couloirs d’écoles, sans avoir accès à un point d’eau pour ne serait-ce que se laver les mains. Il y a aussi la longueur de certaines étapes qui normalement auraient été correctes mais qui se compliquaient par l’absence de route et par l’obligation de prendre des pistes. Une piste en Chine c’est un semblant de tracé avec des ornières et des fondrières de plus de cinquante centimètres, des cailloux énormes… Nos véhicules prédécesseurs ont fait du 15km/h de moyenne, arrivant ainsi très peu avant nous!

Les chutes du Fleuve JauneDans deux jours, nous allons arriver au lac Qinghai et circuler à 3.200m pendant plusieurs jours. Après quelques difficultés, nous allons arriver à des zones plus faciles. Nous avons quand même vu de belles choses comme à Ping Yao qui est l’une des plus vieilles villes chinoises. Nous y sommes allés essayer de rencontrer des enfants dans une école et ils ont été très heureux de notre visite mais ils se sont plus intéressés à avoir des autographes qu’à écouter ce qu’on leur disait. Nous avons également vu les restes de la vieille cité de Huo Zhou qui sont malheureusement dans un site mal protégé de la pollution car la région est minière. Nous avons vu le Fleuve jaune et ses chutes.”

Restaurant exotique après le deuxième col

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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